Le TamTam Café, sur le boulevard Langelier à Saint-Roch, était bondé hier pour le lancement du site Internet « Saint-Roch, une histoire populaire ». Il a été conçu par François G. Couillard, qui signe ici un second projet du genre.

Paul Dubé

Monsieur Couillard avait tout d’abord créé le projet « Le faubourg, une histoire populaire ». Il s’agissait ici d’une page Web, doublée d’un circuit pédestre historique dans le quartier Saint-Jean-Baptiste. Cette fois au sujet de Saint-Roch, Monsieur Couillard a divisé son projet en six volets historiques, chacun contenant des extraits audios et des témoignages. Quatre volets supplémentaires sont déjà en construction.

Il y a tout d’abord le volet sur la vie ouvrière à Saint-Roch. On peut remonter jusqu’en 1725 pour l’établissement de la première tannerie à Saint-Roch sous le régime français. Par la suite, il y a eu les chantiers navals, qui avaient la mission de fournir du bois à l’Angleterre pendant les guerres napoléoniennes de 1806. Saint-Roch a aussi accueilli une grande quantité d’immigrants qui fuyaient la misère de leur pays respectif. Le volet sur la vie ouvrière traite également de la montée du prolétariat et des débuts
du syndicalisme.

Plus près de notre époque, une autre section du site porte sur le Comité de Citoyens de l’aire 10. C’est un comité qui fut actif de 1966 à 1981. Il avait pour but de protéger les citoyens contre les projets de réaménagement de la ville, particulièrement en ce qui à trait au logement, à la pauvreté et à la défense des droits. C’est le curé Lavoie qui fut l’investigateur de ce comité qui compta au départ environ un millier d’âmes.

Saint-Roch sera aussi le théâtre d’une forte résistance à la conscription durant les deux guerres mondiales. Il y a eut des émeutes violentes, et la conscription fut rejetée par une forte majorité de la population.

Une partie du site conçu par M. François G. Couillard risque fort d’intéresser les artistes ; L’îlot Fleurie. C’est un projet de revitalisation qui a fait boule de neige dans Saint-Roch dans les années 90. Le projet fut initié par Monsieur Louis Fortier, qui plaça une œuvre intitulée « Les amoureux », sculpture de l’artiste Irénée Lemieux. Très rapidement, d’autres citoyens y ajoutent des fleurs et la police s’en mêle. L’originalité de la chose a suscité des appuis dans les médias, notamment auprès de l’animateur Robert Gillet.

Monsieur François G. Couillard a présenté son site avec passion ainsi qu’avec un brin d’humour qui venait alléger le tout. La soirée de lancement fut animée par des résidents de toujours, et d’autres plus récemment aménagés. Lors du panel qui suivait la présentation du site, l’historien Réjean Lemoine a résumé la population de Saint-Roch avec ces deux mots : Créativité et Résilience. Deux mots qui conviennent parfaitement à une municipalité où ouvriers et artistes ne font qu’un avec l’histoire. Tous étaient animés d’un amour inconditionnel pour Saint-Roch. La poétesse Hélène Matte a conclu la soirée avec deux vibrants poèmes qui furent salués par la foule.