L’hiver est à nos portes, mais le froid ne décourage pas pour autant certains cyclistes. Alors que le nombre de cyclistes hivernaux augmente, le déneigement des axes cyclables dans le secteur de l’Université serait un pas dans la bonne direction, selon Yan Turgeon, fondateur du blogue Le vélurbaniste.

La Ville de Québec devrait se positionner prochainement sur le déneigement de quelques axes cyclables à Québec alors qu’elle lance sa Vision des déplacements à vélo. Les axes de développement pour l’utilisation du vélo dans la Capitale seront présentés lors du lancement.

Si l’administration municipale poursuit dans la voie du déneigement, l’Université Laval devrait elle aussi, selon M. Turgeon, déneiger les pistes sur son territoire. « Est-ce que l’UL est un leader dans le développement durable ?, questionne-t-il. Si oui, elle devrait déneiger ! »

« Ce serait une bonne nouvelle », ajoute le blogueur et cycliste quatre saisons. Selon lui, l’Université Laval fait preuve d’ouverture lorsqu’il est question du développement et de l’amélioration du réseau cyclable sur le campus. Il cite le cas du sentier du Golf Campus dont le parcours a été corrigé par l’Université pour faciliter son accessibilité et la fluidité des déplacements.

M. Turgeon est d’avis que l’UL, qui est une charnière dans l’axe cyclable est-ouest, devrait aussi déneiger la bande cyclable qui traverse le campus dans le même axe, entre la rue Myrand et Place Ste-Foy. Le vélo-boulevard, fait-il remarquer, qui part de la colline parlementaire jusqu’à l’UL, est déneigé durant la saison froide et les cyclistes peuvent y circuler aisément. « L’UL devrait se pencher sur la question et y réfléchir », ajoute-t-il.

Pourquoi déneiger?

« Il n’y a aucune raison de ne pas pouvoir rouler l’hiver !, s’exclame Ibrahim El Ghazali, bénévole à la Coop Roue-Libre de l’UL. Le déneigement des pistes cyclables, c’est un bon début. Ça permet de réduire les frictions entre les cyclistes et les usagers des autres modes de transport ». Il suggère aussi que la Ville mène des études sur l’utilisation des pistes cyclables pour déneiger celles qui sont le plus empruntées.

D’après Yan Turgeon, la plupart des citoyens ne comprennent pas pourquoi le déneigement de certaines pistes cyclables pendant l’hiver est nécessaire. Ils croient que les pistes ne servent qu’à des fins récréatives plutôt qu’utilitaires. Il s’avère néanmoins que plusieurs adeptes du vélo empruntent les pistes en site propre [piste aménagée hors des voies de circulation automobile], comme celle de la rivière St-Charles, pour leurs déplacements quotidiens. Ibrahim défend aussi l’importance d’offrir un « lieu de circulation » sécuritaire aux cyclistes l’hiver, alors que les journées raccourcissent et que les conditions climatiques sont changeantes.

« On a conçu le réseau cyclable à Québec pour que les cyclistes prennent les pistes en site propre, mais on ne les déneige pas », fait valoir M. Turgeon. En conséquence, les cyclistes sont souvent obligés de circuler sur les routes achalandées par les automobiles, et cela augmente le facteur de risque.

Suivre d’autres villes québécoises

Plusieurs autres villes québécoises ont allongé la période d’ouverture des voies cyclables. À Baie-Comeau, remarque le fondateur du blogue Le vélurbaniste, la saison s’étend sur 7 mois, alors qu’à Québec elle dure un mois de moins. « En plus, c’est une ville plus nordique que la nôtre qui possède moins de ressources », nuance-t-il. La Ville devrait revoir cette procédure compte tenu de l’arrivée de plus en plus tardive de la neige.

Montréal fait par ailleurs bonne figure dans le développement du vélo quatre saisons alors que 260 km de voies cyclables sont ouverts à l’année. Cette situation s’explique selon M. Turgeon par la masse critique de cyclistes beaucoup plus grande de la métropole.

Le vélurbanisme

Le vélurbanisme cherche à faire le pont entre l’expérience des cyclistes et les responsables des infrastructures cyclables afin de faciliter les déplacements à vélo.

Sur le site web du Vélurbaniste, les cyclistes peuvent indiquer sur une carte interactive les endroits qu’ils jugent problématiques. C’est donc dire que l’expérience des cyclistes est mise à profit pour le développement du réseau.

Rouler l’hiver

À tous les adeptes du vélo hivernal, Ibrahim suggère d’abord d’équiper leur machine à pédales de bons pneus à crampons, de garde-boues et de feux rouges et blancs bien visibles. « Les journées sont courtes, et de nuit, lorsque la météo est peu favorable ou encore quand les automobilistes s’attendent moins à voir des cyclistes, il est important d’être vu. » L’entretien du vélo est tout autant primordial.

Par ailleurs, il souligne que le partage de la route avec les automobilistes est plus complexe durant la saison froide, puisque selon lui, les conducteurs sont moins attentifs à ce qui se passe sur la route. Même si le Code de la sécurité routière demande aux cyclistes de circuler à l’extrême droite de la voie, Ibrahim recommande de parfois prendre le dernier tiers pour des raisons de sécurité.