Plusieurs affiches à vocation idéologique du groupe Atalante Québec sont exposées un peu partout sur le campus de l’Université Laval et sur celui du Cégep Garneau ce matin.

En collaboration avec Raphaël Lapierre

« La gauche étouffe le débat, peut-on lire sur les affiches . Non au marxisme culturel dans nos écoles. »

Aux dernières nouvelles, ces affiches se retrouveraient notamment collées à l’arrêt de bus du pavillon Abitibi-Price (génie forestier), mais aussi à l’intérieur des pavillons Ferdinand-Vandry et Agathe-Lacerte.

« En cette rentrée scolaire 2017, nous tenions à dénoncer l’ambiance totalitaire qui règne sur les campus québécois, écrit Atalante sur sa page Facebook ce matin. Ces lieux supposés de débats d’idées et de réflexion sont devenus des bastions de la pensée unique contaminée au marxisme culturel. La stasi estudiantine, parrainée par des enseignants utilisant leurs postes privilégiés pour propager leur agenda politique, fait régner une ambiance d’autocensure. »

Selon les leaders du groupe, ce sont des étudiants et des chargés de cours qui « deviennent les cibles ou les victimes de l’inquisition marxiste qui les réduit au silence et à l’effacement ».

« Cette police de la pensée procède au profilage et au doxing des mal-pensants, soutenue par leurs gourous démagogues », lit-on en fin de publication. 

 On demande concrètement à la communauté UL de dénoncer « ces agents coercitifs de l’ultragauche » et de ne pas se laisser « étouffer ».
L’Université Laval réagit

En début d’après-midi, l’administration de l’UL a fait parvenir ses réactions à Impact Campus. « L’Université Laval n’autorise ou ne tolère pas la présence d’affiches de recrutement de groupes d’extrême droite sur son campus. Cela est contraire à ses valeurs fondamentales de respect de la diversité, d’ouverture au dialogue et d’inclusion. »

L’institution d’enseignement rappelle que son établissement est « ouvert sur le monde dont la population étudiante provient de plus de 120 pays ». Rappelons que conformément au Règlement concernant la vente, la distribution, la sollicitation et l’affichage à l’Université́ Laval, la sollicitation et l’affichage nécessitent une permission.

« Aucune permission n’a été donnée à un tel groupe. Également, en fonction du même règlement, la distribution de tracts, de dépliants ou de feuillets publicitaires est interdite dans les lieux universitaires, outre pour les associations étudiantes agréées ou reconnues », dit l’équipe administrative.

Elle ajoute qu’à partir du moment où la présence d’affiches sur le campus a été rapportée ce matin, plusieurs agents du Service de prévention et de sécurité de l’Université Laval (SSP) se sont rendus sur les lieux afin de retirer les affiches illégales.

« Nous restons très vigilants à cet égard. »

Les Étudiant-e-s socialistes prennent la parole

Les Étudiant-e-s socialistes de Québec constituent un regroupement démocratique de militants et de militantes des campus universitaires et collégiaux de la ville de Québec qui organise différentes campagnes de mobilisation, manifestations et conférences « pour un changement socialiste de la société », peut-on lire via leur plateforme web.

Selon ce groupe, « la propagande néo-fasciste qu’Atalante a posée sur notre campus n’est rien de plus qu’une provocation dirigée vers les groupes marxistes de l’université et d’une incitation à la haine et la division ». Telle est la tactique des groupes fascistes, selon les Étudiant-e-s socialistes : « pointer du doigt ceux et celles qui ne tolèrerons jamais des discours et attitudes racistes ».

« Il est d’ailleurs de notre devoir à nous, dans la communauté universitaire, de ne pas tolérer ce type de discours, de s’unir pour combattre ce genre d’idées nauséabondes », ajoute le comité.

Qu’est-ce que le marxisme culturel ? 

Le « marxisme culturel » est une idée qui circule dans les milieux d’extrême droite partout dans le monde et qui réfère à une théorie du complot selon laquelle le multiculturalisme et le politiquement correct menacent les sociétés occidentales, et qu’ils sont le produit de l’influence de l’école de Francfort et des groupes de gauche dans les milieux universitaires.

En Allemagne Nazie, on faisait référence au bolchévisme culturel qui menaçait les valeurs allemandes.

Plus de détails à venir.