«Rien n’arrête les femmes, pas même les éclaboussures d’une des leurs: Mère Nature», déclare en entrevue téléphonique Françoise David, présidente de Québec Solidaire. Plusieurs dizaines de femmes étaient rassemblées, vêtues d’imperméables surmontés de soutiens-gorge, devant le parlement où Alexa Conradi, présidente de la Fédération des Femmes du Québec (FFQ), a exposé les objectifs de la marche.

Des milliers d’hommes et de femmes marcheront du 12 au 17 octobre partout au Québec pour protéger l’accessibilité, l’universalité et la qualité de l’ensemble des services sociaux, de santé et d’éducation. «Lorsqu’on s’attaque à l’accessibilité, on fait de la discrimination. Il faut partager la responsabilité», explique Alexa Conradi. La présidente de la FFQ déplore la tarification et la privatisation des services dont les femmes sont les principales utilisatrices.

La semaine dernière a été chamboulée par une initiative freinée en Chambre. Le mercredi 6 octobre, Amir Khadir, premier député élu de Québec Solidaire, a présenté une motion afin que le gouvernement réponde positivement à l’une des revendications de la Marche mondiale des Femmes. Celle-ci visait l’universalité des services sociaux. La motion a été battue jeudi matin, alors que Québec Solidaire et le Parti Québécois votaient en faveur de celle-ci, et que les libéraux et les adéquistes s’y opposaient.

Françoise David qualifie de «navrant» le rejet de la motion. «Ça n’augure pas bien pour les autres revendications de la Marche, mais les femmes n’ont pas dit leur dernier mot», affirme-t-elle.

La Marche mondiale des Femmes demande aux gouvernements provincial et fédéral l’augmentation du salaire minimum, l’abolition des catégories d’aide sociale, la fin des publicités sexistes et le retrait des troupes d'Afghanistan. «Les salaires inférieurs et la sexualisation de l’espace public portent atteinte à la dignité de la femme», lance Alexa Conradi aux manifestantes. «Il faut poser des gestes concrets», ajoute-t-elle.