C’est le temps des fêtes et par conséquent le temps des cadeaux et des décos et des festins et des beuveries – il va sans dire que c’est un temps de l’année où l’on consomme beaucoup de beaucoup. Avec cette première phrase, vous devez déjà vous doutez de la direction que prendra ce texte. Oui oui, c’est parti pour un autre discours écolo à cinq sous. Premier de deux articles sur la thématique.

Par Sabrina Boulanger, journaliste multimédia

Comme plusieurs, j’ai une drôle de relation avec Noël, sur plusieurs aspects. L’une de ces facettes est le concept de cadeau.

J’aime beaucoup les cadeaux! J’adore en offrir, je suis touchée d’en recevoir. Mais de telles surprises fréquentent dangereusement le concours du plus beau cadeau ou encore le sentiment excessif de redevance. Et ça se comprend : on confronte un peu notre valeur d’égalité si on accepte de recevoir/donner moins que l’on donne/reçois.

La valeur d’un cadeau
Je ne crois pas que le monétaire devrait être aussi omniprésent que ce que je perçois qu’il l’est. Je pense entre autres ici aux parents qui désirent donner un montant identique à leurs enfants, ça et/ou le nombre de boîtes à ouvrir. Certes, il serait absurde d’offrir une Gamecube à l’un et une pomme à l’autre, mais peut-être que brouiller un minimum la comptabilité n’est pas une mauvaise chose en soit; ça me semble en effet recentrer le regard sur la valeur symbolique plutôt que sur la valeur monétaire. J’ai l’impression que c’est davantage pour soi que pour les gens à qui on donne que l’on désire faire des cadeaux de valeurs monétaires égales. Je pense qu’il est intéressant de se questionner sur les besoins et les intérêts des personnes que l’on prévoie dorloter avant de viser un montant. Et même pour les budgets plus petits, on ne peut pas se tromper en offrant de la nourriture, ça on en a tous toujours besoin! Et qui dit non à une bonne sauce à spag faite avec amour ou à une expérimentation de lacto-fermentation sous forme de kimchi ?

Après, je ne dois pas être la seule pour qui une attention personnalisée possède une valeur infiniment plus grande que n’importe quel cadeau plain qui s’offre à n’importe quelle belle-mère lors d’un premier Noël commun. Pour ma part, les belles cartes que l’on m’adresse sont précieusement conservées dans ma boîte aux lettres et relues avec larmes et/ou sourires. Ou encore, j’aime beaucoup l’idée d’un cadeau qui aura impliqué la réflexion à la personne récipiendaire et à ses goûts, ses besoins, aux intérêts partagés. En outre, avant d’acheter du neuf, on peut explorer le don de temps commun ou de temps tout court, l’usagé, le fait maison. Portons attention à ce que l’on offre afin d’éviter de se jeter tête première dans la surconsommation.

Les Mauvaises Herbes ont fait un outil qui rappelle où se situent les cadeaux sur un plan environnemental : c’est la pyramide inversée.

Des surprises bien emballées
En plus, avec les cadeaux viennent les emballages – ces jolis papiers qui dissimulent les surprises que l’on offre avec plaisir, mais qui alourdissent les sacs de poubelle. Les choux, les rubans, les papiers métalliques ou cirés ne rejoignent malheureusement pas le bac bleu. La Ville de Québec possède un guide de tri pour nous aider à placer les divers matériaux dans le bac adéquat, il peut être intéressant d’y jeter un coup d’œil en cas de doute. Il existe aussi bien entendu des alternatives aux rouleaux de papier aux motifs de sapin en provenance du Dollorama. Le papier journal, le papier kraft, les sacs réutilisables, les tissus ou les anciens emballages sont toutes des solutions qui évitent d’exacerber la production de déchet du 25 décembre. En effet, le.la Québécois.e moyen.ne produit 710 kg de déchets annuellement, selon les données de 2020 de Recyc-Québec. Et bien que l’on possède des bacs de recyclage, nous ne sommes pas des champions dans la récupération – en 2018 Recyc-Québec annonçait que le taux de recyclage résidentiel ne s’élevait qu’à 52 %. Comme la période des Fêtes en est une qui met de l’avant la consommation et la production de déchets, il est pertinent d’observer ses propres comportements et de voir ce que l’on peut faire pour contribuer positivement aux statistiques.

C’est l’intention qui compte, non?
Noël, pour moi, c’est une fête qui peut être stressante en raison des cadeaux « que l’on doit offrir ». Qui ne s’est pas demandé « qu’est-ce que ça aime recevoir, un papa ? » ? J’essaie maintenant de reformuler ma question : comment puis-je faire plaisir à mon papa ? Comme je ne me suis pas prise d’avance pour faire du cannage avec des tomates de jardin dès septembre, je me ravise avec des plans de dernière minute. Probablement qu’il serait heureux de passer du temps avec sa fille, et à partir de là c’est facile de proposer une activité qui nous fera plaisir à tous les deux – peut-être une journée de ski, un tour au salon de quilles ou une virée à la microbrasserie du coin (en plus, ça répartira dans le temps mes dépenses liées au temps des fêtes héhé). Gentil rappel que Noël c’est censé être un moment où souligner l’amour, pas un fardeau stressant et excessivement cher. Il faut qu’offrir nous fasse plaisir à nous aussi, après tout.