Avec un ultimatum lancé en après-midi hier, le Syndicat des chargées et des chargés de cours (SCCCUL) menaçait d’utiliser leur premier jour de grève dès aujourd’hui, le 17 avril. Toutefois, à la surprise de plusieurs, les deux partis en sont arrivés à une entente de principe qui met un terme aux moyens de pression du SCCCUL.

Dans un communiqué envoyé en fin de journée hier, le Syndicat confirme l’entente entre les deux partis et souligne qu’aucune entrevue ne sera accordée avant l’assemblée générale spéciale où l’entente de principe sera présentée aux membres. À ce moment, les chargé.e.s de cours devront voter en faveur ou en défaveur de l’entente conclue.

Pour l’instant, il n’est donc pas possible d’obtenir plus de détails sur les modalités de l’accord entre le comité de négociation du SCCCUL et le comité patronal représentant l’Université Laval.

Il est toutefois possible de croire que les chargé.e.s de cours ont réussi à obtenir une hausse de leur salaire, puisque cette question était au centre des négociations depuis plusieurs semaines.

Du côté de l’Université Laval, la vice-rectrice aux ressources humaines, Lyne Bouchard, s’est réjouie qu’une entente de principe soit intervenue entre les deux comités.

«L’Université Laval salue le Syndicat qui, tout au long du processus de négociations, a fait de nombreuses représentations et a négocié de bonne foi», écrit la porte-parole de l’institution, Andrée-Anne Stewart, dans un communiqué.

Historique du conflit de travail

Les chargé.e.s de cours de l’Université Laval étaient sans nouveau contrat de travail depuis le 1erjanvier 2017. Les négociations perduraient donc depuis plus de deux ans.

Représentant plus de 1 600 membres, le SCCCUL demandait notamment une hausse considérable puisque le Syndicat estimait que ses membres seraient parmi les moins bien payés au Québec. De plus, il exigeant une convention collective mieux adaptée aux conditions de travail d’aujourd’hui, par exemple, avec l’omniprésence des cours à distance, des cours hybrides et du co-enseignement à l’Université Laval.

La clause réserve était aussi un enjeu central pour le Syndicat. Le comité de négociation demandait une révision à la baisse. Cette clause permet aux facultés de réserver un pourcentage de leurs cours (actuellement établie à 14 %) pour des étudiant-es ou des professeur-es invité-es par exemple. Les cours compris dans la réserve ne sont donc pas accessibles aux chargé-es de cours. Il sera pertinent d’analyser l’accord à ce sujet puisque les deux partis étaient campés sur leur position.

Au cours des dernières semaines, la frustration a augmenté considérablement chez les chargé.e.s de cours en raison de négociations difficiles sur l’augmentation salariale. Le SCCCUL a accru ses moyens de pression et a finalement demandé à ses membres, en assemblée générale spéciale, de voter sur de potentielles journées de grève.

C’est donc vendredi dernier, le 12 avril, que les membres du SCCCUL ont voté  à 86,4 % en faveur de 10 jours de grève. Toutefois, considérant l’entente de principe conclue hier, aucune journée de grève n’est à prévoir.