Entrevue avec le candidat du Parti vert du Canada, Denis Blanchette, sur sa vision du comté de Louis-Hébert et d’enjeux qui touchent la communauté universitaire dans le cadre de l’élection fédérale 2021.

Impact Campus : Quelle a été votre motivation à vous présenter comme candidat?

Denis Blanchette : Ah! Les changements climatiques.  Vous savez, depuis plusieurs années, à chaque intervalle de temps, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) produit des rapports. En 2015, ça a donné lieu à l’Accord de Paris, et le gouvernement avait des objectifs pour 2024. On donnait 5 degrés, maximum 2 degrés de plus et en contrepartie il fallait réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Là, le GIEC a produit en août la première partie de son rapport. Ce qu’on y apprend c’est que tous les pays globalement ont été de mauvais élèves, c’est-à-dire que ce qui devait arriver pour 2050 va arriver pour 2040. Et en plus, depuis l’Accord de Paris, le Canada est le seul pays du G7 qui a augmenté sa production de gaz à effet de serre, et ce, malgré une pandémie. Faut le faire. Il est temps d’arrêter de faire semblant, il est temps de dire que les belles paroles c’est assez et que le Canada doit faire mieux que ces belles paroles. Il faut commencer à réaliser ces objectifs parce que le Canada n’a jamais respecté ses engagements environnementaux. Alors quand vous mettez tout ça ensemble, eh bien je suis de retour.

 I.C. : Sur quel enjeu de votre comté est-il le plus important de travailler selon vous?

D.B. : En fait, je vous dirais qu’il y a un enjeu régional et un enjeu local bien important. L’enjeu régional c’est le pont de Québec. J’ai été candidat depuis presque toutes les élections fédérales depuis 2005*, et j’ai été député de 2011 à 2015. Quand je me suis fait battre en 2015, mon adversaire libéral avait promis qu’au plus tard en juin 2016, l’entretien du pont de Québec serait réglé. Là, ça fait 6 ans, et 2 élections plus tard, et ce n’est pas réglé. Pourquoi c’est important pour la région, c’est parce que d’une part, ce pont sert beaucoup l’ouest de la région, autant les gens de l’ouest de Lévis que de l’ouest de Québec. D’autre part, parce que c’est, de par sa conception, un pont multimodal. Donc, il peut servir de façon importante dans une stratégie améliorée de transport en commun. Ça, c’est la partie régionale. La partie peut-être plus locale qui est également nationale, c’est que la semaine que les libéraux ont déclenché les élections, ils ont envoyé un chèque de 500$ à tous les aînés de 75 ans ou plus. En plus, ils ont indexé de 10% leur pension, ce qui a créé des divisions entre les aînés, en deux groupes. Donc moi, j’estime que pour les aînés, il n’est pas question de diviser la population de la sorte. C’est ignoble, et en plus Trudeau fait des promesses pour les 65 ans ou plus afin de corriger certaines de ses propres iniquités. C’est fort en moutarde, ce que font les libéraux.

 I.C. : Comment allez-vous vous assurer d’entendre la voix des citoyens que vous représentez si vous être élu?

D.B. : Comme je l’ai déjà dit, j’ai déjà été député, donc je sais comment faire ce genre de chose là. J’ai été un député très présent dans la communauté entre-guillemets de 2011 à 2015, je suis connu pour être un député de terrain qui rencontre le monde et qui ne se gêne pas pour faire du prote à porte en dehors des périodes électorales, qui ne se gêne pas pour demander l’opinion des gens, qui ne se gêne pas pour être à l’écoute des groupes communautaires, et ça, je vais continuer à le faire. Si le passé est garant de l’avenir, vous pouvez être sûre que je vais procéder de la même façon.

I.C. : Au niveau de l’enseignement supérieur et de la recherche, de quelle façon le fédéral peut-il aider les provinces?

D.B. : Le Parti vert, dans sa plateforme, cherche à obtenir la gratuité scolaire aux études universitaires. La raison est qu’on cherche à avoir une espèce d’équité et que ce ne soit pas une raison d’argent que les gens puissent aller à l’université ou pas. Au Québec c’est plus facile avec notre système de prêts et bourses et nos frais de scolarité plus bas. C’est plus difficile au Canada anglais. Également, le Canada est devenu un cancre en termes de recherches universitaires. C’est l’un des pires pays de L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Donc, ce qu’on veut, c’est augmenter d’environ 50% des investissements en recherches universitaires, de façon à être en milieu de peloton. Imaginez, avec 50% d’augmentation, on va atteindre le milieu du peloton, la moyenne. On est loin de pouvoir offrir à nos gens qui se dédient à la recherche les moyens pour être capables de vraiment travailler au niveau qu’ils sont eux-mêmes. On a de la difficulté à, par exemple, moderniser les laboratoires, gérer les projets. Le Parti Vert, on veut compter sur les étudiants et les chercheurs de l’Université Laval pour être le fer de lance scientifique d’une économie plus verte. On considère que c’est important que l’université joue son rôle dans la société et on veut s’en donner les moyens.

 I.C. : La liberté académique est-elle un enjeu qui vous touche? Si oui/non, pourquoi?

D.B. : Je ne peux pas dire que ça ne me touche pas, au contraire. C’est l’essence même de l’université depuis le Moyen-Âge, cette capacité d’être capable de développer des connaissances sans que chacun essaie d’imposer son agenda ou son point de vue. C’était comme ça au Moyen-Âge, et j’espère que ce le sera encore de mon vivant. Je crois que la liberté académique et universitaire est un bien très précieux pour une société d’avant-garde, et pour toutes les sociétés.

* À noter que tou.te.s les candidat.e.s des partis principaux de la circonscription de Louis-Hébert ont été invités à répondre aux questions d’Impact Campus. Nous publierons au fur et à mesure les entretiens des candidat.e.s qui auront positivement répondu à notre demande.