Le dimanche 7 avril, la professeure titulaire de l’Université Laval, Sophie Brière, présentera la conférence Quand les femmes marcheront-elles sur la Lune ?  C’est dans le cadre de la série de conférences publiques de l’Association des femmes diplômées des universités – section Québec (AFDU-Québec) que la docteure exposera son constat sur la place des femmes dans les professions traditionnellement masculines.  

«Dans un contexte où des avancées politiques et juridiques en faveur de l’égalité ont permis aux femmes d’obtenir en plus grand nombre un diplôme universitaire et d’accéder au marché du travail, force est de constater que les parcours des femmes dans certaines professions historiquement masculines demeurent complexes et variables», présente d’entrée de jeu la professeure de la Faculté des sciences de l’administration.

Pour présenter la conférence, la professeure évoque d’abord certains constats. Dans les universités québécoises, les femmes sont devenues majoritaires dans certaines facultés comme en droit (65 %) et en médecine (62 %). Malheureusement, des écarts importants persistent lorsqu’il est question de salaires, d’accès aux postes décisionnels et du choix de spécialisation.

Elle énonce aussi certains programmes qui ne font pas bonne figure. Par exemple, les étudiantes sont peu présentes dans les programmes de génie (18 %) et encore moins au sein de l’Ordre des ingénieurs du Québec (13,6 %).

Durant la conférence, Sophie Brière tentera d’expliquer les raisons de ces écarts et les enjeux qui peuvent expliquer la progression ou non des femmes. Elle soutiendra ses propos grâce à un projet de recherche lancée en 2015 qui documente divers aspects des professions dans six secteurs d’activités.

«Dans un contexte où plusieurs études attribuent un déficit de compétences aux femmes et que la majorité des écrits ciblent de façon spécifique une profession historiquement masculine, cette recherche privilégie plutôt une analyse transversale et multidisciplinaire des principaux enjeux liés au cheminement de carrière des femmes, ainsi que des pratiques organisationnelles communes porteuses de changement», explique la professeure.

Les obstacles répertoriés

Déjà, la recherche a permis à la professeure d’établir certains constats : «parmi les principaux obstacles répertoriés qui affectent la rétention des femmes, mentionnons un esprit de compétition, un dévouement total à la clientèle qui se traduit par de très longues heures de travail, les modes de rémunération basés sur les heures facturables ou à l’acte, la persistance des stéréotypes liés aux rapports sociaux de sexe et à la parentalité, les perceptions liées aux difficultés des femmes en matière de mobilité internationale ou régionale, des horaires de travail irréguliers,  l’impunité face au sexisme ou aux situations de harcèlement sexuel, et des processus déficients de nomination aux postes de décision.»

La docteure et professeure de l’Université Laval se spécialise dans de nombreuses questions  liées à l’intégration des femmes et l’entrepreneuriat féminin. Sophie Brière détient un doctorat (Ph.D.) de l’École nationale d’administration publique (ENAP) du Québec et un post doctorat de l’École de développement international et de mondialisation de l’Université d’Ottawa.

Les résultats de ses recherches seront présentés lors de la conférence de dimanche prochain. Pour les intéressé(e)s, l’événement aura lieu au local 1024-A du Pavillon Agathe Lacerte, à l’Université Laval dès 10h30.