Une étudiante au doctorat en technologie éducative à l’Université Laval a lancé une toute nouvelle plateforme qui permettrait de révolutionner les relations étudiants-professeurs. Michelle Deschênes a fondé Fovéa, une technologie permettant aux étudiants de partager leurs impressions sur le cours et aux professeurs de mieux se renseigner sur ses étudiants.

Pour la chargée de cours et doctorante à l’Université Laval, cette plateforme permettrait d’améliorer les relations professeurs-étudiants avec des échanges en temps réel entre les deux parties.

Le processus est assez simple, explique-t-elle. À la suite d’un cours, l’étudiant reçoit par textos deux questions aléatoires lui permettant de s’exprimer soit sur le cours,  soit sur la matière vue en classe ou, tout simplement,  leur intérêt durant la période de cours.

Fovéa répondrait à plusieurs questionnements que les professeurs peuvent avoir à la suite d’un cours, avance Michelle Deschênes qui est aussi professeure au collégial depuis 2006. «Comme prof, on a souvent des intuitions, on a quand même une petite idée à savoir si le cours a bien été, mais on a rarement l’opportunité de les sonder pour vrai», explique-t-elle.

Grâce à un tableau de bord réunissant toutes les données, l’application permet donc au professeur de savoir quelles parties du cours sont les mieux comprises, lesquelles devraient être revues et ainsi favoriser une meilleure communication entre les deux partis.

Michelle Deschênes se veut toutefois très claire : «Les questions qui sont posées ne le sont pas de sorte à évaluer le cours et le prof», déclare-t-elle. Malgré que plusieurs professeurs pourraient percevoir la plateforme ainsi, elle les rassure en affirmant que l’objectif de Fovéa est de permettre aux étudiants de partager «leurs perceptions» et de se sentir plus impliqués. 

Des témoignages satisfaisants

Selon leurs données, plusieurs professeurs au collégial utilisent déjà Fovéa en plus de deux professeurs de l’UQAR Lévis. De son côté, l’application fait maintenant partie de son quotidien de professeure.

«Je donne le même cours le mercredi matin et le jeudi matin, déjà du mercredi au jeudi, il y a des choses que je peux adapter. Je me rends compte que j’ai été vite sur une partie, je vais donc prendre plus de temps avec les étudiants du jeudi, et avec les étudiants du mercredi, j’en profite pour revenir le cours d’après», témoigne-t-elle.

La professeure donne l’exemple de la présence d’une conférencière invitée. Si l’activité est appréciée par les étudiants, c’est certain qu’elle répètera l’expérience la session suivante. Aussi, elle estime que Fovéa pourrait être utile pour des cours avec un haut taux d’échec ou un taux d’abandon élevé ; «on pourrait essayer de voir ce qui se passe», relate Michelle Deschênes.

Alors qu’on ne dénombre aucun professeur à l’Université Laval qui utilise la plateforme, l’institution ne semble pas fermée à l’idée. «Nous sommes ouverts à en savoir davantage sur ce projet qui semble très intéressant», déclare Andrée-Anne Stewart, porte-parole de l’Université Laval.