Les propos tenus dans cette chronique on suscité beaucoup de réaction. Nombreux sont ceux qui ont manifesté leur désaccord avec mes propos, mais tout aussi nombreux, ceux qui parlaient d’une vérité taboue énoncée tout haut.

Le but n’est pas de se battre entre nous. Nous sommes tous du même côté. Le but ultime de tous est bien évidemment de se rendre au jour où, toge sur les épaules, nous irons serrer la main de notre directeur d’études. Les obstacles sont nombreux sur la route: échecs, difficultés d’adaptation… droits de scolarité. Tout en ne revenant pas sur les propos tenus précédemment dans cette chronique, disons-le donc: les frais de scolarité vont augmenter. Point. La manifestation n’aura pas plus d’impact sur M. Charest que la pétition demandant sa démission. Céline Galipeau et Pierre Bruneau parleront chacun de leur côté des effets du débrayage et de la «colère étudiante».

Aussi anarchiques que l’ASSÉ et les autres associations puissent rendre les rues de la Capitale nationale, à un certain moment, comme dans toutes les révolutions, les tuiles se mettront à tomber. La boule de neige poussée du haut de la colline parlementaire atteindra le bas de la pente et fondra sous le soleil printanier. Les frais de scolarité vont augmenter et on devrait se concentrer sur l’amélioration du système. Ceci, afin qu’au moment où les étudiants se retrouverons avec des factures deux fois plus élevées qu’aujourd’hui, ceux-ci puissent payer.

Un étudiant proposait, lors de l’assemblée publique tenue par le comité de mobilisation de l’AÉSS, une indexation du système de prêts et bourses au coût de la vie étudiante. Pourquoi pas? Je ne dis pas que je suis heureux de la conjoncture gouvernementale ni de devoir payer plus. Il faut toutefois être réaliste et préparer notre filet de secours. Il faut travailler avec le gouvernement pour faire en sorte que le système ne fonde pas de 20 000 étudiants comme, prévu, suite à la hausse. Il faut faire en sorte que les étudiants qui ont vraiment besoin de prêts et bourses, mais surtout de bourses, puissent y avoir accès. Que ceux, nombreux, qui sont en mesure de payer, paient, tout simplement.

On est tous dans le Boeing d’un gouvernement qui risque de s’écraser. On continue à voler parce que le pilote est seul et tire très fort sur le manche à balai. Ça ne peut pas durer. Et il va y avoir une méchante poche d’air dans les prochaines années. Notre parachute, notre filet de sécurité, c’est ça: la préparation à la chute. Au lieu de sauter dans le vide à la va-vite, aussi bien se préparer mentalement et, pourquoi pas, économiquement à se faire frapper de front par la réalité qui coûte cher.
Ce n’est pas en faisant des menaces ou des avertissements que nous aurons l’argent pour aller à l’école.