La CADEUL déplore les changements apportés au Règlement sur les frais d’admission et d’inscription. Ces modifications touchent les règles applicables au paiement des frais de scolarité pour les étudiants de l’Université Laval.

Selon la nouvelle mouture du règlement qui entrera en vigueur dès l’inscription à la session d’été 2016, un étudiant ne pourra plus s’inscrire à une session s’il n’a pas acquitté intégralement tous les droits et frais exigibles d’une session antérieure.

Dans une lettre datant du 16 décembre, le président de la CADEUL, Thierry Bouchard-Vincent, partage au vice-recteur aux études, Bernard Garnier, son désaccord à propos de ces nouvelles règles.

Le président de l’association de premier cycle dénonce que cette modification crée un « effet discriminatoire ». Selon lui, plusieurs problèmes découlent de ce changement. « Les étudiants qui travaillent pendant les Fêtes ou l’été pour payer leur prochaine session ne pourront pas s’inscrire à la session d’après, ce qui fait qu’il pourront potentiellement manquer la période d’inscription pour des cours contingentés », exprime-t-il.

L’Université Laval invoque des raisons d’équité pour expliquer cette nouvelle mesure. Par voie de communiqué, elle explique vouloir « favoriser l’équité entre les étudiants en exigeant le paiement des droits de scolarité dans le respect des délais pour tous. » Pour le président de la CADEUL, il est plus équitable d’assurer que tous les étudiants puissent s’inscrire peu importe qu’ils aient le moyen de payer ou non à ce moment-là.

Une autre préoccupation de l’institution concerne les opérations de désinscription et de réinscription qui, d’après elle, causent des « irritants ». Bien qu’il se dise d’accord avec la volonté de l’Université d’accroître son efficacité en matière de gestion des droits de scolarité, Thierry Bouchard-Vincent n’est pas d’avis que ce changement réduira les inconvénients liés à ces opérations. « On pense que le suivi individuel va [continuer de] congestionner les services du Registraire. Au lieu d’arriver au moment de la désinscription, il va arriver à l’inscription », pense le président de la CADEUL. Il craint que cette situation crée des injustices et des insatisfactions.

Menace pour la rétention des étudiants

« On trouve ça malsain pour le décrochage », déplore Thierry. La nouvelle règle empêcherait selon lui les étudiants moins aisés de penser uniquement à leur projet d’étude au moment de leur inscription.   

« Un étudiant qui reçoit son courriel pour la période d’inscription, il pense à son projet d’étude. […] C’est son projet d’étude qu’il a en tête et il n’a pas de considération [sur sa capacité de payer]. Maintenant, l’étudiant va recevoir son avis de convocation et ce qu’il va avoir en tête c’est : est-ce que j’ai la capacité de payer? Est-ce que je vais m’inscrire à moins de cours parce que j’ai de la misère à payer actuellement? […] Quand il s’agit de s’inscrire, l’étudiant devrait juste avoir à penser à son projet d’étude. »

Pour Mathieu, finissant en génie géologique, cette mesure semble normale. Il fait valoir que les bourses et l’aide financière sont accessibles et que les étudiants en défaut de moyen peuvent se retourner vers de telles mesures pour acquitter le solde à leur facture. Un point de vue que partage Cynthia, étudiante en psychologie, qui assure pouvoir prévoir à l’avance le montant qu’elle devra débourser en droits de scolarité.

La CADEUL entend envoyer un message à ses membres les informant de la nouvelle politique de l’UL.

Mains liées?

Interrogé à savoir si la CADEUL était mise devant le fait accompli, Thierry Bouchard-Vincent est mitigé. Selon lui, le Comité exécutif de l’Université Laval se serait penché longuement sur la question. Les membres du Comité ont convenu de lancer un processus de réévaluation dans un an, après avoir recueilli des données variées.

Et ailleurs?

Selon le communiqué transmis par l’Université Laval, « cette pratique responsable de gestion financière est en application dans plusieurs universités québécoises ».

Une information vérifiée par Impact Campus, alors que l’Université de Montréal et l’Université du Québec à Montréal (UQAM), notamment, prévoient une mesure semblable. À l’Université de Sherbrooke, le règlement est semblable, mais ce dernier prévoit des mesures exceptionnelles pour certains étudiants.