François Legault était de passage sur le campus de l’UL jeudi dernier. Dans le cadre de cette rencontre organisée par l’organisation de la CAQ de l’Université Laval en collaboration avec les étudiants de la Faculté d’administration, le politicien et ancien homme d’affaires est venu partager son parcours avec les étudiants tout en abordant les enjeux de l’éducation, de la politique et de l’économie québécoise.

Le chef et fondateur de la Coalition Avenir Québec (CAQ) est connu pour son passé d’entrepreneur. François Legault a suivi une formation en comptabilité, puis a complété un MBA en finance. Il a d’abord travaillé dans un réputé bureau de comptables, ce qui lui a permis, selon lui, d’acquérir une expérience significative qui lui a fait comprendre qu’il est important de ne pas répéter les erreurs du passé en affaires.

Encourager l’innovation

Son travail en tant que propriétaire et administrateur d’Air Transat lui a permis de saisir l’importance d’innover pour les entrepreneurs. D’ailleurs, Air Transat était à l’époque la seule compagnie aérienne à faire preuve d’un modèle d’intégration verticale, c’est-à-dire de regrouper sous ses propres activités celles de ses fournisseurs, des entreprises sous-jacentes par le biais d’une administration centralisée. Pour réaliser cette intégration, la compagnie a acheté divers grossistes dont elle pouvait profiter en les intégrant directement à la structure de l’entreprise dont ils faisaient désormais partie et dont elle avait le plein contrôle.

À la lumière de ces expériences, François Legault croit qu’on devrait valoriser les jeunes qui ont la fibre entrepreneuriale et encourager l’initiative et l’innovation nécessaires pour faire prospérer des entreprises. Le chef de la CAQ estime d’ailleurs qu’il manque d’entrepreneurs au Québec.

Économie et souveraineté

Sous l’influence de Lucien Bouchard, François Legault se lance alors en politique pour le Parti québécois. Souverainiste à l’origine, il croit pourtant désormais que le Québec n’est pas assez riche si on le compare à ses voisins. Le PIB de l’Ontario serait de 14 % supérieur à celui du Québec alors que celui du reste du Canada lui serait de 24 % supérieur. Vers la fin des années 1990, quand François Legault s’est lancé en politique, le Québec recevait 4 milliards alors qu’il en reçoit désormais 9 milliards.

Le chef de la Coalition Avenir Québec croit qu’avant de faire la souveraineté, il faut d’abord créer de la richesse afin de financer les multiples programmes sociaux du Québec, mais aussi le rendre plus attrayant. Le politicien juge également qu’on pourrait exploiter les diverses ressources naturelles comme le pétrole malgré les risques environnementaux. Il donne l’exemple de la Norvège qui refuse d’exploiter les ressources pétrolières si le gouvernement ne détient pas au moins 51 % des actions des compagnies qui veulent en profiter.

Le chef de la Coalition Avenir Québec mise ainsi sur l’innovation économique du Québec pour le rendre plus riche, comme il en témoigne lorsqu’il traite de son Projet Saint-Laurent dont le but était de créer une Silicon Valley québécoise. Il conseille finalement à tous les étudiants qui veulent faire de la gestion et de la finance de suivre une formation en comptabilité, ce qui l’a aidé lui-même à devenir un homme d’affaires prospère.