L’Union étudiante du Québec (UEQ) se dit préoccupée par la fusion des portefeuilles de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur réalisée par le nouveau gouvernement de la Coalition Avenir Québec.

L’UEQ estime que cette décision d’octroyer les charges de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur au même titulaire semble reléguer les universités au second rang dans les priorités gouvernementales. « La raison de notre inquiétude, elle est simple. On a juste à regarder ce qui s’est produit dans la campagne électorale qu’on vient de traverser, on n’a presque, voir, pas parler de l’Enseignement supérieur. On avait l’impression que l’éducation s’arrêtait à 4 ans dans la campagne », explique Guillaume Lecorps, président de l’UEQ.

Représentant plus de 79 000 membres à travers la province, l’UEQ entend bien continuer de militer pour leurs causes. À cet effet, le président de l’Union souligne l’importance de la table permanente mise sur pied par l’ex-ministre Hélène David qui permet des échanges entre les grandes associations étudiantes et la haute fonction publique. « Selon les indications que nous avons, elle ne devrait pas être supprimée. C’est évidemment l’un de nos grands souhaits de voir cette table être maintenue parce que ça permet de faire avancer des dossiers concrètement », ajoute-t-il.

Guillaume Lecorps rappelle toutefois que l’UEQ ne désire pas créer de compétition entre les différentes composantes du réseau de l’éducation, mais plutôt de faire comprendre au gouvernement l’importance des enjeux liés à l’éducation supérieure. «On va s’assurer que notre travail mène à des résultats concrets», confirme le président.

L’Enseignement supérieur, une priorité pour la CAQ ? 

Malgré la fusion des portefeuilles, l’UEQ est satisfaite de la nomination de Jean-François Roberge comme ministre responsable de l’Enseignement supérieur : «il a une belle compréhension des dossiers et il démontre un intérêt pour des projets que l’on a en commun», confirme Guillaume Lecorps. Parmi ces projets en commun, l’UEQ rappelle les transferts fédéraux annuels de 80 M$ pour les étudiants moins bien nantis et de son appui à la compensation financière des stages.

Toutefois, à savoir si l’Enseignement supérieur est une priorité pour le gouvernement caquiste, M. Lecorps estime que seul le temps nous le dira, mais qu’ils seront particulièrement insistants pour que ça en soit une. 

Plusieurs enjeux prioritaires en enseignement supérieur

Questionné sur les enjeux prioritaires de l’Union étudiante du Québec, le président du regroupement dresse une liste bien remplie.  La question de la rémunération des stages demeure une priorité pour l’UEQ. Par la suite, la question de la santé psychologique est une autre des priorités de l’Union étudiante, soulignant du même coup la mise en place la semaine dernière d’une vaste étude visant plus de 150 000 étudiantes et étudiants à travers la province.

«L’UEQ met aussi en garde le ministre quant à la nouvelle politique de financement des universités et à la déréglementation des frais de scolarité de la population étudiante internationale qui l’accompagne. Il est primordial que le nouveau gouvernement agisse rapidement afin d’en stopper les effets néfastes et irréversibles», mentionne l’UEQ dans un communiqué.

Finalement, Guillaume Lecorps relate l’enjeu des frais de scolarité au Québec qui demeure un point fort du programme du regroupement étudiant. Après avoir sondé tous les partis durant la campagne, le président de l’UEQ confirme que les réponses sont rassurantes : «le pire des scénarios qui nous a été garanti est le statu quo.»