L’annonce récente d’une possible fusion entre les partis politiques Québec Solidaire (QS) et Option Nationale (ON) a des échos jusqu’à l’Université Laval ces jours-ci. Les comités militants du campus discutent déjà eux aussi d’une possibilité de ralliement, qui changera nécessairement leurs pratiques et leurs actions dans la prochaine année.

Si l’entente est bel et bien entérinée par les membres au courant des prochaines semaines, il y aura des conversations importantes sur le campus entre les associations de QS-ULaval et de ON-ULaval. Celles-ci continuent pour l’instant de travailler chacun de leur côté, en veillant attentivement aux moindres faits et gestes de leurs leaders.

« Nous laisserons la démocratie suivre son cours, mais oui, il y aura probablement des discussions entre nous dès maintenant sur l’entente de principe et surtout sur les modalités concernant la fusion, dit le conseiller d’Option Nationale UL, Félix L’Heureux Bilodeau. Pour nous, ce qu’il faut tout d’abord regarder, c’est ce qui est le mieux pour faire avancer l’indépendance, et pour la promouvoir. »

Même son de cloche du côté de Québec Solidaire sur le campus, qui se dit d’ores et déjà prêt à s’asseoir pour élaborer les nouveaux principes d’une association étudiante unifiée. Au fond, les enjeux de création d’un nouveau programme demeurent les mêmes qu’à l’Assemblée nationale, seulement à une échelle différente.

« Nous resterons nécessairement membres du nouveau parti, assure de son côté le co-porte parole du groupe, Olivier Charbonneau. C’est clair que nous sommes ouverts au dialogue et que nous devrions rencontrer l’exécutif d’Option nationale à l’Université Laval sous peu afin de discuter de la suite des choses. »

Des bénéfices

Étudiant en génie agro-environnemental, Félix L’Heureux Bilodeau croit que l’entente présentée la semaine dernière semble enfin démontrer que le parti de Gabriel Nadeau-Dubois et de Manon Massé est prêt à faire la promotion active de la souveraineté à l’échelle de la province. Une chose que plusieurs militants attendaient depuis longtemps.

« Nous croyons que la fusion permettrait à QS de mettre l’accent sur l’indépendance dans leurs communications, et d’adopter une plateforme de vrai pays, autrement dit que le programme comprenne toutes les compétences fédérales qu’on va s’approprier, dit le conseiller d’ON-UL. On va enfin vers un commencement de la grande réunification des forces nationalistes, c’est l’acquis d’une crédibilité économique. »

Pour sa part étudiant au baccalauréat en génie physique, Olivier Charbonneau voit d’un bon oeil le fait de se rassembler « sous un même pôle politique ». Autant travailler ensemble, selon lui, dans un contexte de plus en plus serré pour la gauche politique québécoise actuellement.

« Ce sont deux formations qui avaient le même objectif en bout de ligne, lance-t-il. Nous avons tous et toutes le même but, qu’est de créer un Québec progressiste autonome. »

Et des risques

Même s’il approuve tout le processus démocratique, Olivier ne peut toutefois cacher une certaine réserve qu’il a quant au partage des visions, qui diffèrent parfois d’un côté à l’autre, politiquement et socialement. « Il y a quand même certaines méthodes pour arriver à cet objectif final qui ne seront certes pas les mêmes, convient-il. L’importance accordée à certains enjeux, par exemple, peut effectivement diverger. » Il faudra, selon lui, faire preuve d’ouverture et de compréhension pour y parvenir.

Ayant moins de poids au niveau des intentions de vote dans les derniers sondages, la division étudiante d’Option Nationale demeure consciente que plusieurs risques existent pour son parti lors d’une telle affiliation.

« On ne souhaite pas que le collectif ne réussisse pas à défendre ses idées et les points majeurs, qu’il soit absorbé et qu’il perdre ainsi son unicité, poursuit Félix. Ça avait été le cas lors de la fusion entre le Rassemblement pour l’indépendance nationale (RIN) et le Parti Québécois (PQ). »

L’un des dangers principaux à surveiller, selon lui, est l’augmentation probable de la difficulté à convaincre les gens de droite de l’importance de l’indépendance. Ce qu’Option Nationale pouvait au moins faire de par sa crédibilité économique, à ses dires. « À part ça, il y a peu de risques important, dit-il. À moins qu’on ait un vote contre. À ce moment-là, ça pourrait faire mal à la crédibilité. »


Concrètement, l’entente de principe pour l’officialisation de la fusion sera soumise en mains propres aux membres d’ON et de QS lors du congrès national prochain des deux groupes, qui se tiendra au mois de décembre cette année.

Le chef d’Option Nationale, Sol Zanetti, a indiqué qu’il a pour but de continuer son travail à la tête de sa formation politique si l’entente est rejetée. Québec Solidaire a toutefois déjà indiqué qu’il se présentera à l’investiture d’une des circonscriptions « les plus favorables » de son équipe aux prochaines élections.

« 100% des membres des deux partis ne seront pas d’accord, ça je peux vous le promettre, a indiqué Gabriel Nadeau-Dubois le 5 octobre dernier. Ceci étant dit, les deux directions politiques vont faire une recommandation claire et enthousiaste d’adopter l’entente de principe. »