Le phénomène
La présence des fidèles sur les bancs d'églises chrétiennes se fait de plus en plus rare. L’entretien d'un établissement religieux coute très cher à une communauté. Faute de fonds, de plus en plus de communautés doivent vendre. On estime qu’il y aurait 3 000 églises en difficultés pécuniaires au Québec.

Le marché du patrimoine religieux est en mouvement. Le Centre local de développement de Québec (CLD) a annoncé la revente du Couvent des Sœurs de la Congrégation Notre-Dame-de-Beauport. Acheté en 2005 pour dépanner la Ville de Québec, le «Couvent de Beauport» a couté au groupe plus de 1,15 millions de dollars en hypothèque et en frais. «Nous aurions souhaité un autre scénario, nous dit Françoise Mercure du CLD, mais nous nous devons de nous concentrer sur notre mandat premier. Nous retirons nos billets de ce projet et voulons les consacrer entièrement au développement local.»

Toutefois, la disparition ou la transformation des bâtiments religieux n'est pas chose récente. Dans son livre « Églises disparues » (1981), Louise Voyer soutient que la disparition d'établissements religieux a toujours été chose courante. Un incendie, une guerre ou un manque d'espace en sont des exemples. La bibliothèque Saint-Jean-Baptiste, anciennement l'Église anglicane St. Matthew,  a été achetée par la Ville de Québec dans les années 1970 pour une somme symbolique d’un million de dollars pour éviter la démolition de ce bâtiment historique.

Qui doit payer?
Pour certains, la responsabilité de sauvegarde du patrimoine religieux et historique revient au gouvernement. Pourtant, Québec a déjà investi 222 millions dans l'entretien des bâtiments depuis 1995. Il semble toutefois que cela soit insuffisant. Pour un regroupement de citoyens comme Les amis de l'île Saint-Bernard, la tâche revient aux municipalités. Depuis la fin août, le groupe fait tout en son pouvoir pour inciter l’administration de la ville de Châteauguay à acquérir un terrain mis en vente par la Congrégation des Sœurs de la Charité de Montréal. D'autres encore invitent les citoyens à se regrouper pour acquérir les églises. L'église de Sainte-Brigide de Kildare a été achetée par un groupe citoyen d'investisseurs. Le bâtiment sert maintenant de centre communautaire , notamment comme local d’arts du cirque. La SSQ Immobilier a réutilisé le couvent des Ursulines pour en faire la Cité Verte sur le chemin Sainte-Foy. Toutefois, ce genre d’alternative n’est pas apprécié de tous, puisque cela dénature les bâtiments. De plus, l’idée de vivre dans un ancien lieu de culte repousse les plus superstitieux.