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Près de deux semaines après la fin de la grève des employés de soutien sur le campus, l’Université Laval et ses instances affirment qu’elles « centralisent actuellement toutes les informations pour documenter et recenser les impacts du conflit ». Impact Campus fait le point avec les personnalités directement concernées.

« C’est une dynamique continuelle, affirme le vice-recteur exécutif et candidat au rectorat, Éric Bauce. Chaque directeur de service, chaque faculté et chaque groupe documente les conséquences qu’il a vécues. De notre côté, on prépare aussi des discussions avec le gouvernement pour évaluer les effets d’un point de vue financier. »

Le « post-mortem » qu’a promis l’institution d’enseignement en point de presse ne sera pas un processus rapide et évident, selon le doyen de la Faculté des sciences de l’administration (FSA), Michel Gendron, lui aussi candidat au rectorat.

« J’ai vécu des négociations, quoique brièvement, mais je peux vous dire que, tant que tu n’es pas assis à la table, c’est bien dur de comprendre les vrais enjeux et mettre le doigt sur ce qui bloque, dit-il. Même après, c’est difficile de déterminer à qui revient la faute et ce qu’on aurait dû faire. Maintenant, par contre, on peut se mettre ensemble pour éviter ça dans le futur. »

De son côté, la professeure titulaire en génie industriel et candidate au rectorat, Sophie D’Amours, croit que la grève aura eu pour effet de mieux faire comprendre les réalités quotidiennes des employés de soutien, vers une gestion plus saine des fonds publics.

« Les cadres ont été mis dans une situation très dure, ça c’est sûr, lance-t-elle. Mais maintenant, ils vont mieux comprendre le travail, puisqu’ils se sont fort probablement appropriés les conditions et l’environnement. Il faudra mettre ça à profit dans les échanges dans une logique de progression des méthodes. »

« On a pris conscience de la job, en fait, et on a eu toutes sortes d’idées en ce sens-là pour améliorer les choses, ajoute Michel Gendron. S’il y a un petit bénéfice indirect de cette grève, c’est bien ça. »

Constats et fondements établis

Questionné à savoir s’il tire des leçons d’un conflit qui aura littéralement paralysé l’UL pendant plus d’un mois, Éric Bauce se fait catégorique : oui, il y en a plusieurs.

« Le premier apprentissage dans toute cette histoire, je crois, c’est de se rappeler l’importance de préserver notre autonomie par rapport à des influences extérieures, croit-il. Les aspects légaux de poursuite du SCFP sur la Loi 13 et la Loi 15 ont amené le débat d’enjeux municipaux et plus globaux sur notre campus. Autrement dit, le conflit a été pas mal drivé par l’externe, et ça rend les délais plus longs. »

Sophie D’Amours, elle, fait un autre constat : n’ayant servi à personne, cette « situation perdant-perdant » peut bel et bien être évitée en révisant la manière de mener les relations de travail à l’interne.

« Tout ça a donné un exemple de ce qu’on peut faire mieux, et surtout, ça a mis en évidence les lacunes de notre administration actuelle, dans les fondements du mode de gestion, indique-t-elle. On a besoin de changements et pour ça il faut bâtir des relations de confiance avec les dirigeants syndicaux. Ça va au-delà des règlements et procédures. Il faut s’en occuper en amont. »

En tout temps, la signature respectueuse d’ententes passe par des canaux de communications constamment ouverts, poursuit le doyen de la FSA. M. Gendron mentionne que l’exercice devra être réalisé lors des négociations avec les chargés de cours, qui arrivent rapidement, alors que la première rencontre des comités de négociation syndical et patronal se tiendra le 25 avril.

« Il faudra essayer de voir venir, je dirais, lance-t-il. Parce qu’à un moment donné, on sent ce qui tracasse les membres. On peut éviter que les gens se cantent dans leurs positions en dialoguant. Quand c’est irréconciliable, c’est la grève, mais on sait qu’on va finir par s’entendre. Alors essayons de voir, avec notre bonne foi, vers où on converge le plus tôt possible. »

Autres concessions et rétroactions

Le vice-recteur exécutif de l’Université Laval l’admet : les exigences de l’administration « étaient quand même assez grandes par rapport aux acquis ».

Or, il nuance. « L’institution devait maintenir ses positions sur un certain nombre d’enjeux pour garantir l’équité de tous nos corps d’emploi. Et malheureusement, ça a pris du temps avant qu’elles soient acceptées. Mais toujours, on a respecté l’expression démocratique de tous les membres. »

Le concept de compensations aux étudiants a été abordé à de nombreuses reprises dans l’espace public depuis la fin de la grève. Une notion que Michel Gendron affirme bien comprendre. « J’en ai entendu parler et y ai réfléchi, puis c’est certain qu’il faut chercher une façon de voir à ce que les torts rétrospectifs aux étudiants soient minimisés. Je pense que, malgré tout, ça va être du cas par cas. On parle de temps et d’argent, mais je suis très ouvert à ça. »

En terminant, Mme D’Amours rappelle que « les unités tentent vraiment d’aménager des laboratoires et des cours plus intensifs. Si des composantes de votre formation sont manquantes, elles seront réintégrées, j’en suis persuadée ».

« Mais la nouvelle approche dont je parle, insiste-t-elle, ça se bâtit par le respect, des rencontres soutenues et régulières où on discute avec intérêt des enjeux des uns et des autres. On doit mettre toutes les informations sur la table, dans cette logique d’amélioration. »

Chronologie d’une grève mouvementée

  • Septembre 2016: Le SEUL agite le spectre de la menace d’une session prolongée à l’hiver pour la première fois, en lançant ses moyens de pression.
  • Décembre 2016: Les 1900 employés de soutien votent pour le déclenchement d’une grève à l’UL à 80 %
  • 9 février 2017: Les membres du syndicat bloquent les sept entrées du campus et déclarent plus tard une série de grèves ponctuelles.
  • 13 mars 2017 : Une grande manifestation a lieu devant la résidence du recteur Denis Brière.
  • 30 mars 2017: L’employeur et le SEUL en viennent finalement à une entente de principe et l’annoncent à la communauté.

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