Les étudiants en médecine de l’Université Laval ont voté à une très forte majorité pour une levée de cours, lundi 30 mars, en protestation au projet de loi 20. Les 1000 étudiants de l’UL s’ajoutent aux trois autres facultés de médecine du Québec pour cette journée de mobilisation. Une grande première.

Les étudiants en médecine de l’UL se sont prononcés à 79 % pour une journée de grève lundi prochain. Le vote s’est effectué par référendum électronique, et comptabilise 70 % de taux de participation.

Jessica Ruel-Laliberté, présidente du Regroupement des étudiants en médecine de l’Université Laval (RÉMUL) parle sans conteste d’un « vote historique » : « Je pense que nos membres sont très contents. […] Si cela a été voté à un pourcentage aussi haut, c’est ce que les étudiants voulaient. »

Les étudiants en médecine de l’Université de Montréal, l’Université de Sherbrooke et l’Université McGill seront aussi en débrayage cette journée-là et participeront à la manifestation devant l’Assemblée nationale. « Je pense que le fait qu’il y ait les autres facultés de médecine du Québec qui soient en grève cette journée-là n’a pas changé l’opinion des membres de l’Université Laval face au projet de loi 20. Mais ça a peut-être favorisé le fait de voter pour une levée de cours », commente la présidente du RÉMUL.

La manifestation de lundi consistera en une marche pacifique autour de l’Assemblée nationale. Les étudiants défileront en sarraus blancs. « On attend 1000 personnes pour l’instant. Mais c’est sûr que ce chiffre va grimper pendant la fin de semaine avec l’issue du vote de l’Université Laval », ajoute Jessica Ruel-Laliberté.

Opposition au projet de loi 20

Comme le confiait la présidente du RÉMUL à Impact Campus dernièrement, le projet de loi 20 va à l’encontre des valeurs prônées par les étudiants en médecine de l’UL. La représente des étudiants en médecine explique être en accord avec « l’idéologie » derrière le projet de loi 20, qui est d’améliorer l’accès des patients aux médecins. Cependant, selon le RÉMUL, l’imposition de pénalités financières pour les médecins qui ne respectent pas les quotas de patients « ne devrait pas être le moyen choisi, car cela est trop contraignant et coercitif ».

« C’est un projet de loi qui touche de près nos étudiants parce que cela va remodeler et contraindre la pratique de la médecine familiale en enlevant de la diversité de pratique », déclare Jessica Ruel-Laliberté.

« Un 2e point qui nous inquiète énormément dans les universités, c’est que plus de 50 % des médecins qui nous enseignent sont des médecins de famille. Or, le projet de loi 20 prévoit une faible reconnaissance de l’enseignement », poursuit Jessica. Selon elle, les médecins enseignants vont manquer de temps et risquent d’annuler leurs charges de cours.