Près de 600 membres du Syndicat des employés du transport public du Québec métropolitain (SETPQM) ont voté pour le déclenchement d’une grève à 95,2 %, dimanche après-midi, lors d’une assemblée générale.

Ce résultat n’a été annoncé qu’après une rencontre à huis clos ayant duré près de quatre heures dans l’Édifice du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ).

L’issue de ce scrutin ne signifie pas pour autant que la grève sera automatiquement mise en place. Au contraire, le vote prévoit que celle-ci pourra être déclenchée au moment opportun.

Le président du SETPQM, Ghislain Dolbec, s’est d’ailleurs adressé aux médias lors d’un point de presse après l’assemblée générale, dimanche.

« Nous sommes prêts à négocier le jour, le soir, la nuit, sept jours sur sept, a-t-il lancé. C’est notre intention de conclure cette ronde de négociation par une entente négociée, mais l’employeur doit aussi y mettre du sien.»

Poursuite du processus

Les discussions entre le syndicat et le patronnat du Réseau de transport de la Capitale (RTC) ne sont donc pas terminées, puisque les deux parties retourneront à la table des négociations.

La plupart des chauffeurs interrogés déclarent qu’ils veulent encore discuter avec l’employeur. Des rencontres de conciliation sont prévues à cet effet lundi et mardi.

« On espère ne pas se rendre en grève. On ne veut pas aller en grève, on veut négocier» -Ghislain Dolbec

Rappelons que les négociations actuelles concernent surtout les notions de salaire, de régime de retraite et d’organisation du travail.

Les chauffeurs du RTC sont sans contrat de travail depuis le mois de juin dernier. S’ils venaient à déclencher un débrayage, il s’agirait d’une première depuis 2004. À l’époque, la grève s’était échelonnée sur 11 jours.

Rassurer les utilisateurs

« Il n’y a aucune modification dans la livraison de notre service, les clients ont toujours accès à nos services réguliers, et ce, jusqu’à nouvel ordre », a assuré le président du RTC, Rémy Normand, par voie de communiqué.

Le RTC rappelle à ses clients « qu’ils sont protégés d’une grève sans préavis », puisque le transport en commun demeure un service de nature publique. Des services essentiels doivent donc être rendus même s’il y a grève.

Tous les usagers seront informés d’une grève au moins sept jours ouvrables avant son déclenchement, poursuit le RTC.

« Nous ne commenterons pas le résultat de ce vote, puisque le processus de négociations se poursuit dès demain [lundi], a noté M. Normand. Nous souhaitons un règlement négocié, dans l’intérêt de tous, notamment de la clientèle. »

Comme les discussions iront de l’avant, l’administration affirme qu’elle limitera ses commentaires au contenu du communiqué envoyé. Il n’y aura donc pas d’entrevue personnelle accordée aux médias.

Entretenir les relations

« On espérait un message fort comme celui-là, a réitéré M. Dolbec. Le taux d’approbation du mandat de grève générale illimitée ne signifie pas pour autant que les relations sont mauvaises avec l’employeur. »

« Ce n’est pas parce que les négociations sont tendues nécessairement, a-t-il ajouté. C’est parce que ça n’avance pas de la bonne façon. »

En pratique, le syndicat et le patronnat ont jusqu’au au 1er avril pour en venir à une entente formelle.