À la fin du mois d’août, le télescope HiCIBaS du professeur Simon Thibault s’est envolé à plus de 40 kilomètres d’altitude avec l’objectif  de tester la performance de leur projet innovant développé pour l’imagerie haut-contraste d’exoplanètes.

La cible du projet HiCIBaS est d’imager à l’aide d’un télescope et d’instruments d’imagerie à haut-contraste les exoplanètes. « En plus de tester les nouvelles technologies dans des conditions extrêmes semblables à celles de l’espace, le système HiCIBaS pourra recueillir des informations sur les conditions en haute atmosphère qui pourront servir pour de futures missions sur ballon stratosphérique », écrit l’équipe de chercheurs.

Le projet développé à l’Université Laval est rendu possible grâce au programme de subvention Vols et investigations-terrain en technologies et sciences spatiales (VITES), financé par l’Agence spatiale canadienne (ASC). «Ce programme de subventions vise à soutenir les projets de recherche d’universités canadiennes qui procurent une expérience pratique à des étudiants et à de jeunes chercheurs dans le domaine spatial. Cela permet ainsi d’inspirer et de former la prochaine génération d’experts pour l’industrie spatiale au pays.» L’Université Laval est la première université francophone à participer à ce programme.

L’équipe du professeur Simon Thibault est composée de cinq étudiants de la maitrise en physique, soit Olivier Côté, Deven Patel, Guillaume Allain, Mireille Ouellet et Cédric Vallée en plus de deux étudiants au premier cycle, Simon Carrier et Steven Thériault. Le professionnel de recherche Denis Brousseau était aussi un membre l’équipe. «C’est en mars 2016 que le projet a officiellement démarré avec l’octroi d’une subvention d’un demi-million de dollars sur 3 ans », explique-t-il dans un communiqué.

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Les technologies d’HiCIBaS

HiCIBaS est conçu avec un télescope commercial de 14 pouces pour capter la lumière des étoiles et «une monture conçue sur mesure et un système de contrôle permettent de pointer le télescope précisément vers une étoile d’intérêt», explique l’UL dans son communiqué.

La lumière est ensuite dirigée vers deux sous-systèmes. Le premier est un «senseur de front d’onde» permettant de corriger les aberrations de bas ordre et ainsi «d’enregistrer les effets des turbulences atmosphériques induisant des perturbations dans la lumière provenant d’une étoile. Ce sous-système permet également de compenser les vibrations de la nacelle», souligne l’équipe.

Finalement, le deuxième sous-système d’HiCIBaS est formé d’un miroir déformable et d’un coronographe de type vector Apodizing Phase Plate (vAPP). «Ce type de coronographe permet l’analyse du front d’onde sur le plan focal en utilisant des images holographiques de l’étoile d’intérêt. À l’aide du miroir déformable, il est alors possible de corriger les aberrations statiques produites par les optiques du système », expliquent les créateurs. Ce sous-système est le résultat d’une collaboration avec l’Université de Leiden et SRON-Netherlands Institute for Space Research.

Vidéo ci-dessous tirée de la page Facebook : Hicibas – Balloon borne mission, diffusé en direct le 25 août 2018, à 23h18