Alors que la session d’hiver débute pour des milliers d’étudiants de l’Université Laval (UL), l’Association des étudiantes et étudiants de Laval inscrits aux études supérieures (AELIÉS) s’inquiète de voir l’isolement de ses membres augmenter avec la majorité des cours donnés à distance. Un sondage paru au mois de décembre et mené par l’association étudiante vient appuyer cette appréhension. 

Afin d’obtenir leur propre portrait de la situation concernant le bien-être des étudiant.es à la dernière session, le sondage de l’AELIÉS semble entrer en contraste avec celui des instances directionnelles de l’Université Laval : une majeure partie de la population étudiante a souffert de l’isolement provoqué par la formation à distance. Cela a affecté le bon déroulement de la session d’automne. Rappelons que la direction de l’UL se félicitait il y a quelques semaines qu’un peu plus de 77% des répondants à son sondage aient affirmé que leur session s’est bien déroulée.

« Nous n’avons pas pu voir le sondage interne menée par l’université. Nous avons eu que des résultats partagés verbalement. Aucun détail s’en est découlé. Pour vous dire, on ne sait même pas non plus combien de personnes ont participé », se désole le président de l’AELIÉS, Jason F. Ortman.

Sur environ 500 personnes ayant répondu au sondage de l’AELIÉS, un constat peu étonnant considérant les circonstances en ressort : la motivation n’était pas au rendez-vous l’automne dernier chez les étudiant.es et l’histoire risque de se répéter cet hiver.

« La pandémie a certainement affecté la motivation de nos membres. Nous sommes des êtres sociaux, et nous avons besoin de nous voir, pas simplement à distance, en personne aussi. Ça l’affecte aussi l’humeur », explique-t-il.

Briser l’isolement, mais comment?

D’entrée de jeu, le président de l’AELIÉS reconnaît les efforts de l’UL afin d’offrir un minimum d’interactions en personne pour la communauté universitaire.

« Je dois saluer plusieurs efforts de l’Université Laval pour briser l’isolement. Du côté plus palliatif, c’est toujours un peu trop tard, mais il y a des fonds qui ont été reçus par le gouvernement afin d’aider le Centre d’aide aux étudiants. Il a pu embaucher du nouveau personnel, soit des intervenants psychosociaux. En amont, il y a des espaces de travail d’équipe qui respectent les mesures sanitaires et qui se trouvent dans différents pavillons qui ont été rendus disponibles. »

Toutefois, un minimum de cours en présentiel devraient être offerts, bien qu’il soit trop tard pour cet hiver.

« Idéalement, ça serait d’avoir plus de cours en présence. Prenons pour exemple l’initiative des classes nordiques avec des activités en présence dernièrement. Dans la mesure où nous sommes capables de respecter les mesures sanitaires et la distanciation physique, ça serait cela à faire. Ça réglerait les problèmes découlant de l’isolement », croit-il.

Pas tenable

Il va de soi selon Jason F. Ortman que la situation actuelle n’est plus tenable pour la plupart des membres de la communauté universitaire. Une session d’automne 2021 complètement à distance est inconcevable selon lui.

« La situation actuelle n’est pas tenable, car au jour le jour, c’est très difficile. Ce n’est pas vrai qu’à l’automne prochain, on va se lancer dans une autre session à distance avec tous les problèmes que ça comporte. Je ne suis pas prof, mais je sais qu’il y en a beaucoup qui n’en peuvent plus des cours à distance, qu’on pense aux caméras éteintes de leurs étudiants lors de leurs séances. C’est tout le monde qui gagne en revenant en présentiel. »