Les réactions ne se sont pas fait attendre. Elles sont vives et c’est normal. Pendant que le recteur et l’administration scandent le sous-financement universitaire, on nous arrive avec une deuxième tentative de rattrapage salarial en trois ans. En 2009, le CA de l’université avait demandé une étude semblable et le recteur avait obtenu une augmentation substantielle de 100 000$ grâce aux données recueillies.  Il s’était alors justifié en affirmant qu’un rattrapage était nécessaire avec la moyenne canadienne. Une fois ça va (et encore), mais deux fois ? Les étudiants et employés ne sont pas encore de complets idiots et sont à même de constater qu’il y a des abus.

Et pour cause, ça fait maintenant près de cinq ans que les autorités universitaires demandent la collaboration des étudiants, des syndicats et des employés. On nous raconte qu’il faut se serrer la ceinture tous ensemble. Voilà un bel exemple de serrage de ceinture M. le recteur. 100 000$ en un an ce n’était pas suffisant ?

Mauvais timing M. le recteur

Le moment est plutôt inopportun pour qu’une telle information coule du conseil d’administration. Pendant que les étudiants prennent position sur une hausse des frais de scolarité substantielle et que les syndicats négocient leurs conventions collectives, le recteur essaie de se remplir les poches grâce à une étude comparative. Heureusement qu’il y a encore des gens sensés au CA qui ont compris qu’une telle procédure est totalement aberrante et qu’elle mérite d’être dénoncée. 

Les chargés de cours, les employés de soutien, les auxiliaires de recherche et d’enseignements, tous ont demandé un rattrapage salarial et pourtant l’Université Laval négocie au coude à coude avec eux sous prétexte qu’il faut faire des efforts pour contrer le sous-financement. Il reste encore quelques conventions collectives à signer, il est fort à parier maintenant que ce sera un peu plus difficile pour l’Université Laval de refuser les indexations salariales des différents syndicats.

Et à l’heure où la population demande de la transparence auprès des instances décisionnelles, le « gouvernement universitaire » joue ses cartes en cachette. Si la fuite n’avait pas eu lieu, le rattrapage salarial se serait fait sans avertissement. On en serait arrivé à des faits accomplis sans que personne n’ait eu son mot à dire. Un établissement d’enseignement ne devrait pas être le théâtre de telles procédés, certes légaux, mais qui contreviennent aux valeurs de la société actuelle.

Une université est sensée être porteuse d’espoir, de changement, de rectitude et de valeurs fortes. Elle ne devrait pas attiser le cynisme et la méfiance. Ce n’est pas en agissant de la sorte que le recteur de l’Université Laval montre l’exemple. Ce n’est pas en agissant de la sorte qu’il arrivera à avoir les étudiants derrière lui.

Le mandat du recteur Brière se termine en 2012 et il ne sait toujours pas s’il tentera de se présenter à nouveau. Or, il serait tout à fait recommandable qu’il se présente. Deux scénarios seraient alors envisagés. Soit son mandat n’est pas reconduit et le vote lui montre la porte, soit son mandat est reconduit et il aura alors quelques années pour redorer son image.

S’il ne se présente pas, on se souviendra du recteur comme un dirigeant parti en voleur et non pour ses réalisations…  Ce serait dommage M. le recteur.