Le coureur de demi-fond, Jean-Simon Desgagnés, est en préparation pour les Jeux olympiques (JO) de Tokyo en 2021. Malgré les obstacles causés par la pandémie, l’étudiant-athlète de 22 ans en médecine n’a pas baissé les bras, s’entraînant sans relâche afin de se tailler une place pour les prochains JO.

Impact Campus vous présente l’entrevue avec Jean-Simon Desgagnés.

IC : Tu as récemment troqué le cross-country, donc la terre et les branches, pour une autre discipline, le steeple. Pourquoi la transition? Veux-tu décrire la discipline?

JSD : Donc, c’est une discipline olympique de demi-fond qui se fait sur une piste d’athlétisme. La particularité c’est qu’à chaque tour, on doit franchir des barrières et un cours d’eau. Pour ce qui est du cross-country, je ne l’ai pas délaissé, j’en fais toujours. Par contre, c’est une année un peu inhabituelle et tu vas comprendre pourquoi assez rapidement. Normalement, chaque automne, on se lance dans le cross-country, peu importe notre discipline de prédilection. D’août à décembre, la plupart des athlètes font de la longue distance de 1500 à 10 000 mètres. C’est une sorte de préparation générale, même pour certains athlètes professionnels. L’hiver, nous pratiquons à la piste intérieure, alors que l’été est la période forte, principalement les courtes de championnats du monde et les qualifications pour les Olympiques.

Cet automne, avec la pandémie, la saison universitaire de cross-country a été annulée. On a donc décidé de s’entrainer en athlétisme, compte tenu des compétitions estivales aux États-Unis qui étaient reportées à cet automne. C’était un peu pourquoi j’ai fait ce changement-là cette année.

Jean-Simon Desgagnés | crédit : Mathieu Bélanger

IC :  Parlant des États-Unis, tu reviens à peine d’une compétition en Californie. C’était en préparation pour les JO de Tokyo, ton but ultime?

JSD :  La qualification olympique recommençait le 1er décembre. Mais, c’était une compétition de 5 000 mètres en steeple, qui n’est pas la distance visée. C’était surtout pour me dérouiller. En course de demi-fond, quand tu es bon au 5 000 m, le 3 000 m devient facile. [C’est] mon parcours visé. Au final, c’était une bonne préparation complémentaire.

IC : COVID-19 oblige, les Jeux olympiques sont reportés à l’été 2021. Est-ce que tu considères le report des JO comme un avantage?

JSD : Je pense qu’avec le recul et les six mois qui sont passés, je dirais que oui. J’étais en bonne forme en juillet. Mais, maintenant, je me suis vraiment amélioré. Je suis en pleine santé et sans blessure. 

IC : Récemment au gala du sport universitaire de la Fédération de l’athlète d’excellence du Québec, tu as remporté des prix pour excellence académique et sport individuel. En date d’aujourd’hui, y a-t-il une récompense dont tu es particulièrement fier?

JSD : Je dirais que je suis vraiment fier d’avoir remporté la mention d’étudiant-athlète par excellence au gala du Rouge et Or l’année dernière. C’est un honneur immense, quand on pense que le R&O est l’un des plus grands programmes sportifs au Canada. 

IC : Au cours de l’automne, tu as tenté de battre le record de vitesse sur 5 kilomètres, ici même sur le campus. Tu es passé bien près de déloger la marque précédente. As-tu retenté le coup depuis?

JSD : On a essayé ça Charles [Philibert-Thiboutot] et moi. Le record était [de] 13:56 et j’ai fait 13:59. Je pense que j’étais à plus ou moins deux secondes. Je ne l’ai pas réessayé. [Il] faut dire qu’on le tentait sur route et non sur piste, je suis beaucoup plus rapide sur piste évidemment. On risque de le faire à nouveau l’automne prochain. D’ici la fin de ma carrière, je devrais le battre!

IC : À l’heure actuelle, tu es étudiant en médecine. Est-ce que la pandémie de COVID-19 affecte ton parcours académique?

JSD : Évidemment, c’est difficile pour beaucoup d’étudiants. De mon côté, je m’adapte à la formule en ligne. Le plus ardu, je trouve que c’est de ne pas voir [mes] amis physiquement. Par chance, j’avais le sport. Justement, ça m’aide à garder le cap et me concentrer sur autre chose. Pour ce qui est des cours à distance, ce fut bénéfique pour moi. En temps normal, je n’aurais pas pu quitter pour la Californie. Question de combiner quelques cours et les entrainements, je pourrais presque dire que je suis choyé. 

Jean-Simon Desgagnés | crédit : Mathieu Bélanger

IC : Qu’est-ce que les prochains mois te réservent?

JSD : Ma petite pause vient de se terminer. J’ai eu quelques jours de répit à mon retour de la Californie. Là, je recommence un programme «relax» en vue des olympiques. Évidemment, même si Noël est un peu différent cette année, c’est pas le moment idéal pour s’entrainer avec acharnement. Dans les prochains mois, comme les compétitions canadiennes sont annulées, je vais me concentrer sur l’entrainement. Sinon, j’ai quelques possibilités de compétitions à Boston ou New York.