Le moins qu’on puisse dire par rapport à la visite de Justin Trudeau dans la capitale nationale, c’est que le premier ministre a dû se défendre par rapport à la gestion de plusieurs dossiers. Le pont de Québec, Jsu à Montréal, les problèmes d’intégration des immigrants, le premier ministre s’est mouillé sur bien des sujets au cours de son assemblée publique rassemblant près de 1 000 personnes.

D’entrée de jeu, le chef du Parti libéral a rappelé la raison de tenir de telles assemblées publiques. « J’ai cette responsabilité de vous représenter. Mais c’est important qu’au courant de notre mandat, on ne perde pas le contact avec la population. Nos agendas peuvent changer par rapport aux préoccupations que vous nous exprimez. »

Malgré les efforts honorables du premier ministre d’être à l’écoute de l’électorat, il n’a pas pu éviter certaines questions sur des projets particulièrement délicats.

Par exemple la question d’une dame résidant à Lac-Mégantic, qui s’est dite outrée que le projet de voie de contournement n’ait toujours pas avancé concrètement, et ce, cinq ans après la terrible tragédie qui a frappé la municipalité. Justin Trudeau a répondu que c’était un dossier sur lequel travaillait le ministre des Transports, Marc Garneau, mais que ce n’est pas une décision de son seul ressort.

Il a dû également justifier la position de son gouvernement de supporter l’aide médicale à mourir. « L’individu se doit d’avoir le contrôle sur son sort », a déclaré M. Trudeau, en indiquant qu’une personne souffrante, mais encore lucide, a le droit de demander à ce qu’on abrège ses souffrances médicalement parlant.

Immigration et intégration

Bien que Justin Trudeau a été félicité par certains pour sa politique face aux réfugiés syriens, il a été interpelé par des membres de l’assistance par rapport à la difficulté de certains nouveaux arrivants de se trouver un emploi ou bien de se faire reconnaitre des diplômes provenant d’un autre pays.

Trudeau a rappelé que la plupart des Canadiens comprenaient que l’immigration a des effets bénéfiques pour la société en général. De plus, il a répété, que le gouvernement travaille actuellement à améliorer le processus de reconnaissances des acquis scolaires étrangers.

Par contre, il a rappelé que le processus doit prendre un certain temps, pour s’assurer que les nouveaux arrivants aient bien les compétences pour répondre aux hauts standards professionnels du Canada.

L’implication pour lutter contre le décrochage

Bien que l’éducation soit une compétence provinciale, le premier ministre canadien en tant que ministre de la Jeunesse s’est vu poser une question sur les moyens de lutter contre le décrochage scolaire.

Le député de Papineau est catégorique, il faut permettre aux jeunes de s’impliquer dans le monde qui les entoure, et ce le plus rapidement possible. Il indique que si un jeune réalise rapidement l’impact qu’il peut avoir sur son environnement, il aura une motivation supplémentaire à poursuivre ses études.

« On doit parler à nos jeunes non pas comme les leaders de demain, mais comme des leaders aujourd’hui. Nous allons tenter d’implanter un service national permettant aux jeunes de s’impliquer dans différents secteurs d’activité à travers le monde », a ajouté Justin Trudeau.

Des dossiers chauds à Québec

Étant de passage à Québec, il était inévitable que le chef du Parti Libéral se fasse poser des questions par rapport à certaines préoccupations locales.

Il fut notamment question du sort du chantier de la Davie, le premier ministre a rappelé que le savoir-faire de ce chantier était reconnu internationalement. De plus, il a ajouté que des négociations étaient en cours avec la garde côtière pour les munir de nouveaux brise-glace, qui devraient être fournis par Davie.

L’autre sujet abordé fut sans surprise le pont de Québec. Bien que celui-ci soit encore solide, comme l’a souligné Justin Trudeau, il est visuellement peu attrayant à observer, comme l’a confirmé un guide touristique interpelant le premier ministre.

« On est là à la table en train de chercher une solution. Je sais que ça prend beaucoup de temps, mais ce sont des négociations en cours et à chaque fois que je viens à Québec, et je viens souvent, on me pose la question et la réponse est encore : “ on est encore en train de travailler là-dessus ”. Ce n’est pas quelque chose que le fédéral peut faire et va faire tout seul », a déclaré Justin Trudeau.

L’épine constitutionnelle

Le Sénat est-il encore nécessaire? Quand le Québec pourra-t-il signer la constitution? Ces deux questions ont forcé Justin Trudeau à se mouiller sur cette fameuse situation constitutionnelle, qui a été historiquement un terrain glissant pour les premiers ministres fédéraux, notamment pour son père, Pierre Elliott Trudeau, et Brian Mulroney.

Il s’est dit ouvert aux discussions avec Philippe Couillard, qui lui souhaite voir le Québec intégrer officiellement la constitution. Toutefois, le premier ministre a mentionné que pour lancer officiellement des négociations, il fallait l’assortiment de la majorité des provinces.

Pour ce qui est du Sénat, le 23e premier ministre canadien juge que l’abolir serait une perte de temps flagrante, car cela nécessiterait d’ouvrir la constitution. De plus, il a mentionné avoir déjà travaillé à réformer le Sénat en début de mandat.

En effet, depuis leur arrivée au pouvoir les Libéraux ont vu à enrayer les nominations partisanes au Sénat, tout en excluant les sénateurs à siéger au sein du cabinet du parti au pouvoir.