La représentation des étudiants de l’Université Laval pourrait être compromise auprès des différents paliers de gouvernement depuis que la TaCEQ a perdu l’un de ses quatre membres. En effet, un référendum tenu auprès des étudiants des cycles supérieurs à Sherbrooke entraîne la désaffiliation du REMDUS.

À la question « Êtes-vous d’accord à ce que le REMDUS se désaffilie de la TaCEQ ? », plus de 70% des répondants ont voté pour le oui. Avec un taux de participation de presque 17%, l’exécutif du REMDUS a convoqué une assemblée générale spéciale qui devrait entériner la décision démocratique des étudiants.

« Peut-être qu’au moment de la fondation de la TaCEQ , sa structure correspondait à ce que les associations membres demandaient de leur association nationale ; nous constatons toutefois qu’aujourd’hui, dans un contexte où la TaCEQ est amenée à servir d’interlocutrice entre les associations membres et le gouvernement, sa structure est sévèrement mésadaptée », expliquent Sophie Dufour-Beauséjour et Myriam Poliquin, partisanes du camp du oui.

La TaCEQ a également attiré certaines critiques, considérant que la volonté de l’organisation de se décentraliser était somme toute plutôt vaine étant donné que deux associations membres ainsi que les bureaux du secrétaire général se trouvent à l’Université Laval. Les deux associations de Québec cumulent également la majorité des votes de l’organisation, ce qui, selon mesdames Dufour-Beauséjour et Poliquin, constitue un « veto effectif ».

Bien qu’il ne souhaite pas commenter le processus référendaire en tant que tel, Paul-Antoine Cardin, secrétaire général de la TaCEQ, considère que le processus s’est bien déroulé et que des exécutants du REMDUS ainsi que lui-même étaient présents afin de répondre aux questions.

Interrogé concernant la légitimité du référendum, M. Cardin s’est contenté de rappeler que « les associations membres de la TaCEQ sont libres de partir si elles le souhaitent ».

Le référendum survient également au moment où les associations membres de la TaCEQ s’apprêtent à se défendre en justice contre la requête en nullité de la loi 32, la loi visant à assurer le financement des associations étudiantes.

Dans les circonstances, un effort supplémentaire était demandé aux membres de la TaCEQ afin de couvrir les exorbitants frais légaux associés aux démarches légales en question.

En entrevue avec le McGill Tribune, Samuel Harris, externe au SSMU (un membre de la TaCEQ), a affirmé avant le référendum que le SSMU réévaluerait très sérieusement son adhésion à la TACEQ si le camp du non venait à l’emporter: « Honnêtement, mon opinion est que la TACEQ ne peut fonctionner sans le REMDUS », a-t-il expliqué.

La TaCEQ semble de plus en plus polarisée entre les associations de Québec et celles de l’extérieur, M. Harris ayant affirmé que le départ du REMDUS serait tout comme « perdre son plus grand allié ».

En réaction, Paul-Antoine Cardin a affirmé qu’il s’assiéra également avec les gens du SSMU afin de bien comprendre les intentions de l’association.

Pour Guy-Aume Descôteaux, président de la CADEUL, ce référendum fait en sorte que « la question de la pertinence de la TaCEQ et de sa réorganisation redevient d’actualité ». Des décisions claires n’ayant pas encore été prises, on laisse les événements se jouer.

Du côté de l’AELIÉS, où un référendum était déjà prévu à l’automne prochain, la réflexion déjà enclenchée devra toutefois être accélérée. Les membres du CA auront à réfléchir à la question en février, mais c’est réellement par la volonté des membres que l’avenir de l’AELIÉS dans la TACEQ passe. En effet, selon François Talbot, président de l’AELIÉS, les membres de l’exécutif « préfèrent se concentrer sur les positions de leurs membres ».

Pour Paul-Antoine Cardin, la prochaine étape est de se concerter sur l’avenir de l’organisation: « À la TaCEQ, on va se parler, l’on va voir les options qui s’offrent à nous.»

Selon M. Descôteaux, la survie de la TaCEQ est à réfléchir. La CADEUL étant une grande asso, elle a déjà une bonne portée nationale. Elle fait d’ailleurs déjà toute seule une partie de ses représentations externes et est en contact avec le gouvernement.

Même son de cloche du côté de l’AELIÉS, où M. Talbot explique que l’AELIÉS s’est déjà représentée de manière indépendante dans le passé: « L’AELIÉS se représente déjà sur le terrain et peut continuer à le faire en collaboration avec la CADEUL ».

La CADEUL ne souhaite pas prendre de décision hâtive et désire encourager la « volonté des assos de continuer la discussion et de ne pas prendre de décisions hâtives », dit M. Descôteaux.