La Table de concertation étudiante du Québec (TaCEQ), qui représente les étudiants de l’Université Laval sur la scène provinciale, a présenté la semaine dernière une version peaufinée de son idée d’appliquer une taxe aux entreprises comme nouvelle source de financement de l’éducation postsecondaire.

David Rémillard

La TaCEQ a lancé son idée jeudi dernier à l’occasion d’une rencontre préparatoire au Sommet sur l’enseignement supérieur qui aura lieu les 25 et 26 février prochains.

S’appuyant sur le Fonds des services de santé (FSS) déjà existant, la TaCEQ propose de le «bonifier» en y ajoutant un volet éducation postsecondaire, créant ainsi le Fonds des services de santé et de l’éducation postsecondaire (FSSEP).

Actuellement, chaque entreprise ayant une masse salariale égale ou supérieure à un million de dollars doit contribuer au FSS à différents niveaux selon ses capacités. Le FSSEP serait bâti sur le même principe.

Paul-Émile Auger, secrétaire générale de la TaCEQ, estime que le FSSEP pourrait répondre aux exigences du ministre de l’Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, qui espère trouver des moyens de financement stables. «On peut assurer un financement stable et prévisible qui va permettre la planification à long terme», affirme M. Auger.

Le FSSEP ne serait pas prélevé directement sur les paies des employés, mais bien une contribution fixe à payer par les entreprises calculée en fonction de la masse salariale, tel que c’est actuellement le cas avec le FSS.

La TaCEQ, dans son document publié jeudi, évalue trois scénarios possibles. Les nouvelles sommes obtenues par le FSSEP sont estimées entre 215 et 650 millions $ selon les scénarios.

Chose certaine, la TaCEQ refuse de croire que la solution se trouve dans les poches des étudiants. «Leur capacité de payer n’est pas au rendez-vous.»

Tâche colossale

L’argent neuf dépendrait donc de la réponse des entreprises et d’éventuelles négociations sur la proposition de la TaCEQ. «Ce n’est pas nécessairement l’idée de presser le citron aux entreprises», assure-t-il. Mais convaincre les entreprises s’annonce difficile.

Paul-Émile Auger ne s’en cache d’ailleurs pas, les chambres de commerce et les entrepreneurs ne sont pas très chaudes à l’idée d’être taxées davantage.

Le Conseil du patronat, dans sa présentation à la rencontre de vendredi dernier, affirmait notamment que les entreprises du Québec étaient celles dont les impôts et les taxes prélevés sur la masse salariale étaient les plus élevés au Canada, soit 45% au-dessus de la moyenne canadienne.

La TaCEQ opte toutefois pour la politique de la main tendue. «On compte travailler avec eux et tous les groupes qui veulent une éducation de qualité au Québec.»

La rencontre tenue à Sherbrooke la semaine dernière était la troisième et avant-dernière étape préparatoire au Sommet. Le dernier rendez-vous se tiendra à Rimouski les 31 janvier et 1er février prochain et aura pour thème La contribution des établissements et de la recherche au développement de l’ensemble du Québec.