C’est officiel : l’ÆLIÉS a lancé sa campagne référendaire pour déterminer si elle se joindra à l’Union Étudiante du Québec (UEQ). Malgré l’importance de cette décision, le processus référendaire éprouve certaines difficultés en ce début de campagne.

La principale problématique mise de l’avant par le président de l’association, Stéphane Lebrun, est qu’il n’y a toujours pas de camp du Oui ni du Non pour alimenter les débats en ce début de campagne.

Stéphane envoie un message clair aux membres de l’association concernant la pertinence pour eux de s’impliquer dans les débats sur ce sujet qu’il juge important.

« On aurait vraiment aimé qu’il y ait déjà un camp pour l’indépendance et pour l’UEQ, parce que le problème qu’on vit en ce moment est que le débat d’idées n’a pas lieu. [L’exécutif est] dans une position de neutralité […]. On ne peut pas mener les débats par nous-mêmes. Formez des camps, que ce soit d’un côté ou de l’autre, et débattez sur la place publique! » invective le président de l’association.

Indépendante depuis 2014, l’ÆLIÉS pourrait donc joindre une troisième fédération étudiante en 10 ans, après avoir été membre de la FEUQ et dernièrement de la Table de concertation étudiante du Québec (TaCEQ). Parallèlement, aucune association étudiante des cycles supérieurs membre de l’ÆLIÉS ne peut se joindre d’elle-même à l’UEQ, car elles sont individuellement représentées par l’ÆLIÉS.

Un bon atout pour l’UEQ? 

Selon Caroline Aubry, coordonnatrice générale de l’UEQ, cette nouvelle fédération étudiante est le véhicule adéquat pour défendre les intérêts des étudiants, autant de premier cycle que des cycles supérieurs.

L’ancienne présidente de la CADEUL est d’avis qu’en faisant partie de cette coalition, l’ÆLIÉS se donnerait les outils pour faire entendre davantage ses préoccupations que si elle le fait seulement par ses propres moyens. L’ÆLIÉS serait un bon atout pour l’UEQ, estime-t-elle, puisque cette fédération tient à faire plus que de la « dénonciation » en présentant plusieurs rapports de recherche. L’expertise de l’ÆLIÉS en la matière pourrait donc représenter un atout précieux.

Concernant la recherche et ses problèmes de financement, Caroline Aubry souligne que ce sont deux des nombreux problèmes que vivent les étudiants aux cycles supérieurs. C’est pourquoi l’association nationale a décidé d’accorder une place particulière aux associations des étudiants à la maîtrise et au doctorat.

« On a un comité au sein de la structure de l’UEQ qui est dédié spécifiquement aux enjeux de cycles supérieurs, donc qui a son propre budget et son propre porte-parole. Pour les représentations politiques, c’est beaucoup plus facile et c’est préférable pour avoir un plus grand impact », mentionne la coordonnatrice générale.

En ce qui concerne ses différences avec les autres fédérations étudiantes, l’UEQ cherche à éviter les erreurs commises par le passé, notamment en ce qui a trait au consensus entre les associations. Elle souhaite que chacune des associations ait le même poids dans l’union, peu importe leur nombre de membres.

Caroline Aubry souhaite aussi que chaque association soit la mieux informée possible sur les enjeux qui seront défendus par l’UEQ, afin que toutes les associations puissent prendre position sur la question.

Jusqu’à présent, 73 000 étudiants sont membres de l’Union étudiante du Québec. Parmi ceux-ci, on retrouve deux associations de cycles supérieurs : le Regroupement des étudiantes et des étudiants de maîtrise, de diplôme et de doctorat de l’Université de Sherbrooke (REMDUS) et l’Association étudiante des cycles supérieurs de Polytechnique (AECSP).

Le vote pour l’adhésion de l’ÆLIÉS se tiendra du 22 au 24 mars prochain.