L’Association des étudiantes et des étudiants de Laval inscrits aux études supérieures (AELIÉS) réitèrent leur opposition face à l’augmentation des droits de scolarité des étudiants internationaux. En effet, d’ici la fin de la journée, le conseil d’administration de l’Université Laval adoptera une proposition visant à augmenter leurs frais de scolarité. Voici la lettre ouverte de l’AELIÉS adressée à la rectrice de l’Université Laval, Sophie D’amours.

23 septembre 2020

Madame Sophie D’amours, rectrice de l’Université Laval,

À quelques heures de l’adoption en conseil d’administration de l’Université Laval d’une proposition visant à augmenter les droits de scolarités des étudiant.e.s internationaux, l’Association des étudiantes et des étudiants de Laval inscrits aux études supérieures (AELIÉS) se doit de réagir. Cette décision s’inscrit dans une logique de déréglementation implantée dans un premier temps par le gouvernement libéral de Jean Charest en 2008 s’appliquant à certains programmes d’études de 1er cycle et qui s’est élargie plus récemment par le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) à l’automne 2019 à l’ensemble du 1er cycle et aux programmes de 2e cycle qui ne concernent pas la recherche.

En faisant le choix de la déréglementation des droits de scolarité des étudiant.e.s internationaux, le gouvernement rejette la responsabilité de ce financement sur chaque université en plus d’accroître la compétition entre elles. En retirant les subventions aux universités et en leur permettant de conserver les montants facturés à la communauté étudiante internationale, le gouvernement contribue à la marchandisation de l’éducation par le principe de l’utilisateur-payeur auquel vous consentez aujourd’hui.

L’AELIÉS croit que les universités détiennent une responsabilité dans ce dossier et ce, malgré cette tendance à la déréglementation mise en œuvre par le gouvernement. En effet, dans l’histoire académique de l’UL, les différents.es. recteurs et rectrices se sont opposés.es à ce type de mesures en choisissant de ne pas augmenter les montants forfaitaires de cette communauté de façon drastique.  L’AELIÉS ne saisit pas l’empressement d’une telle décision surtout dans le contexte de la crise sanitaire où l’UL, comme toute autre université québécoise, s’est vu remettre une aide financière de la part du gouvernement.

Le budget provincial de 2020-2021 établi par le gouvernement prévoyait de nouveaux revenus pour les universités de l’ordre de 265 M$ pour  le programme de l’enseignement supérieur ». De plus, selon les Règles budgétaires et calcul des subventions de fonctionnement aux universités du Québec  en lien avec le financement des universités en période de Covid-19, à la fin du mois de juillet 2020, 35, 4 M$ ont été octroyés aux universités d’une part pour supporter l’enseignement supérieur et d’autre part pour contrer le manque de main-d’œuvre à venir. Par ailleurs, le 21 août dernier, la ministre McCann a annoncé dans un communiqué de presse 75M$ de soutien additionnel aux universités entre autres pour pallier aux impacts négatifs de la crise sanitaire. Les représentations de l’AELIÉS auprès de l’administration lavalloise ont pu confirmer que des dépenses ont été effectuées, mais que des économies tout aussi importantes sont survenues.

Sachant cela, pourquoi l’UL décide-t-elle, dans ce contexte pandémique, d’augmenter la facture des étudiants.e.s. internationaux qui payaient en 2018 déjà sept fois plus que les étudiant.e.s. québécois.e.s. Cette décision est d’autant plus révoltante, car plusieurs étudiant.e.s. sont contraints de suivre leurs études à distance et que cela pose encore des enjeux d’adaptabilité et d’accessibilité.

Pour l’AELIÉS, cette décision représente des risques importants non seulement pour l’avenir de l’UL, mais pour celui de l’ensemble des universités du Québec en termes de réputation et d’attractivité.

En ce sens, conformément à sa position adoptée lors de la séance du 20 juin 2018 du conseil d’administration : « Que l’AELIÉS s’oppose à toute différentiation des frais de scolarité et à la déréglementation des frais de scolarité pour les étudiant-e-s internationaux-ales », l’AELIÉS demande à la rectrice de l’Université Laval de se ranger du côté des étudiants et de renoncer à cette hausse des droits de scolarité des étudiants.e.s internationaux.

Dans cette même idée, l’AELIÉS constate que cette décision va se prendre par la haute direction de l’UL sans consulter les étudiants.e.s. À cet effet, l’AELIÉS exige que toute décision en lien avec l’augmentation des frais de scolarité doit avoir eu l’assentiment des associations étudiantes au préalable.

Aurele Fanny Deutcha Nguelieu
Présidente de l’Association des étudiantes et des étudiants de Laval inscrits aux études supérieures (AELIÉS)