Le comité exécutif de l’Association des étudiantes et étudiants de Laval inscrits aux études supérieures (AELIÉS) présente, dans un document, 13 revendications divisées en six thèmes. L’objectif est d’informer ses membres sur les enjeux politiques actuels et d’améliorer leur réalité.

 «L’aide financière aux études, les frais de scolarité, le transport durable, le financement de la recherche, la gouvernance universitaire et les enjeux connexes » sont les six thèmes soulevés par l’association étudiante. Le document développe un argumentaire pour chacun des thèmes abordés.

Les grands thèmes

Premier sur la liste, l’aide financière aux études devrait subir plusieurs changements selon l’association étudiante. D’abord, le document stipule que le «gouvernement du Québec devrait prendre en charge, sans l’intermédiaire des institutions financières, le programme d’Aide financière aux études, en prêtant directement aux étudiantes et étudiants.» Le comité exécutif propose d’utiliser la Caisse de dépôt et placement du Québec pour atteindre cet objectif. Ce choix se justifie d’un point de vue «de l’équité intergénérationnelle et de la santé financière de l’État », explique l’AELIÉS. Elle ajoute que les pensions alimentaires ne devraient plus être prises en compte lors du calcul des prêts et bourses car ceci est clairement «désavantageux pour les parents monoparentaux».

La gratuité scolaire balisée est l’une des demandes de l’AELIÉS. Dans le thème frais de scolarité du document, on peut y lire : «la gratuité pourrait être limitée, par exemple, selon des critères d’admission plus serrés, ou encore qu’elle ne couvrirait qu’un nombre de diplômes ou de crédits d’études préalablement fixés.» L’association justifie cette demande en soulignant le stress lié aux finances personnelles lors des études et par l’importance de l’accès aux études universitaires pour le développement de nos sociétés.

Le financement de la recherche revient comme l’un des enjeux prioritaires de cette campagne. «L’AELIÉS souhaite que les budgets des Fonds de recherche du Québec (FRQ) soient bonifiés afin que plus d’étudiants et d’étudiantes y aient droit», écrit l’association dans son document. Malgré une augmentation des sommes investies par le gouvernement du Québec en recherche, «la difficulté pour les étudiant-e-s d’accéder à ces bourses demeure, car les paramètres de sélection restent inchangés», explique l’AELIÉS en affirmant que seul un tiers des demandeurs réussissent à décrocher une bourse.  L’une des solutions proposées par le comité exécutif passe par le rapatriement des fonds fédéraux dédiés à la recherche.

Le thème de la gouvernance universitaire est aussi abordé dans le cahier de revendications étudiantes. L’AELIÉS milite pour la création d’un Conseil des universités du Québec (CUQ) comme discuté, en 2013, au sommet de l’enseignement supérieur. «L’AELIÉS soutient l’idée qu’il est important de développer les universités dans une optique plus collaborative que compétitive. C’est donc sur la base de ces principes que le CUQ devrait être créé», affirme l’association étudiante de l’Université Laval.

Finalement, l’AELIÉS désire faire pression auprès du gouvernement pour «que toute la population étudiante de l’Université Laval soit détentrice d’un Laissez-passer universitaire (LPU).» Pour les enjeux connexes, l’AELIÉS est favorable à une réforme du mode de scrutin, une hausse du salaire à 15 $/h et du développement d’une politique de prévention en santé mentale pour la population étudiante.

Le comité exécutif désire interpeller les actrices et acteurs de la sphère politique québécoise face aux enjeux étudiants et ainsi promouvoir les intérêts des étudiantes et étudiants inscrits aux cycles supérieurs de l’Université Laval.

Les 13 revendications de l’AELIÉS
  1. Bonifier l’aide financière aux études, que ce soit par des prestations plus généreuses, un meilleur ratio bourse/prêts ou une plus grande accessibilité au régime.
  2. Viser la nationalisation des prêts étudiants via, par exemple, la Caisse de dépôt et de placements du Québec.
  3. Revoir le calcul des prêts et bourses en ne prenant plus en compte les pensions alimentaires.
  4. Rendre admissibles les parents-étudiants qui reçoivent de l’AFE au Régime québécois d’Assurance parentale.
  5. Entreprendre une décroissance ou un gel des frais de scolarité et une évaluation indépendante des scénarios pouvant mener à la gratuité scolaire balisée.
  6. Annuler la dérèglementation des frais de scolarité pour les étudiant-e-s internationaux, telle qu’annoncée par le gouvernement au printemps.
  7. Appuyer et contribuer financièrement au projet de Laissez-passer universitaire (LPU) de l’AELIÉS et de la CADEUL.
  8. Augmenter le financement des Fonds de recherche du Québec (FRQ) afin que plus d’étudiant-e-s chercheur-euse-s aient droit à des bourses.
  9. Travailler au rapatriement des fonds fédéraux dédiés à la recherche, afin que le gouvernement du Québec attribue lui-même les sommes aux universités et aux centres de recherche.
  10. Instaurer un Conseil des universités du Québec (ou équivalent) indépendant, représentatif, spécialisé, inclusif, cohérent et neutre.
  11. Réformer le mode de scrutin intégrant une composante de proportionnalité compensatoire
  12. Hausser le salaire minimum à au moins 15$ de l’heure.
  13. Instaurer une politique nationale de prévention et surveillance en santé mentale étudiante.