Le brise-glace de recherche géré par l’Université Laval, l’Amundsen, a reçu cette semaine un financement supplémentaire de 18 millions de $ de la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI). Le directeur du navire et professeur à l’UL, Louis Fortier, revient sur cette étape importante avec Impact Campus.

La subvention gouvernementale annoncée par la ministre fédérale des Sciences, Kirsty Duncan, s’étalera sur une période de cinq ans. Elle permettra notamment d’amplifier l’utilisation du navire et ses expéditions scientifiques à travers l’Arctique canadien.

L’annonce de cette nouvelle tombe à point, à un moment où plusieurs projets se mettent en ligne pour l’Amundsen. Celui-ci planchera, d’ici les prochains mois, sur des enquêtes santé auprès des communautés inuites, mais aussi sur une circumnavigation autour du Groenland et un hivernage dans la mer de Baffin au Nord.

« Il y a beaucoup de projets excitants pour les cinq prochaines années, indique Louis Fortier. D’un point de vue technique, c’est le meilleur moyen qu’on a pour atteindre l’océan arctique et ses mers bordières. C’est un pivot pour le développement de la recherche. »

Projets à la tonne

Un total de 11 programmes de recherche sont actuellement prévus à bord du brise-glace, totalisant la somme de 412 millions $. Six d’entre eux sont déjà pleinement financés. Les autres devraient se mettre en marche d’ici peu, souligne l’enseignant.

Celui-ci mentionne l’un de ses projets coup de cœur qui devrait se déployer lors de l’hivernage dans la mer de Baffin. « Ce serait de développer un système de navigation télé-acoustique sous la banquise », explique-t-il. Ce genre d’installations permettrait par exemple d’étudier la présence d’ondes et de sons en mer à distance.

L’important programme Sentinelle Nord de l’Université Laval, qui prévoit la mise en place d’un panel scientifique et d’un doctorat consacré à la transformation des milieux nordiques, pourra lui aussi profiter de l’Amundsen. « On parle quand même d’une subvention de base de 98 millions $ dans ce dossier, lance M. Fortier. Ce n’est pas rien, et plusieurs des projets de Sentinelle Nord vont pouvoir utiliser le brise-glace cette année. »

Futur prospère

L’avenir de ce grand centre de recherche mobile semble bel et bien assuré jusqu’en 2022, année à laquelle la subvention gouvernementale viendra à échéance. À plus long terme, il reste toutefois du travail. « Il faudra évidemment continuer à assurer le financement, assure Louis Fortier. La demande est de plus en plus forte et concentrée sur une période courte, de juillet à novembre, pendant que la banquise est moins épaisse et étendue. »

Le directeur scientifique estime même qu’éventuellement, il sera peut-être nécessaire d’augmenter les effectifs scientifiques. « Oui, à un moment donné, il va probablement falloir songer à mobiliser un second brise-glace dans l’Arctique, lance-t-il. Tout pour répondre à cette demande justement. »

De nouveaux équipements d’envergure s’ajouteront bientôt à la flotte de l’Amundsen, dont l’équipe de recherche travaille actuellement à acquérir un sous-marin autonome. « C’est un genre de torpille maritime qui permet d’étudier précisément ce qui se passe sous les glaciers qui s’avancent dans l’océan, conclut M. Fortier. On devrait déployer cette machine-là dès l’été prochain ou alors en 2018. »

L’Amundsen en faits saillants

2003 : Année de fondation et des premières opérations (avant cette date, l’imposant brise-glace se dénommait Sergent Franklin).

328 millions $ : Somme distribuée à des entités similaires et infrastructures majeures de recherche à l’échelle du Canada cette année.

40 % : Proportion des coûts d’opération payés par la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI).

60 % : Reste de la facture prise en charge par les divers programmes de recherche à bord.

55 000 $ : Coût quotidien de l’utilisation du navire. Des équipes scientifiques s’y relaient 24h/24 pour optimiser son rendement.

Source : Amundsen (Louis Fortier)