La 27e édition de la Semaine de prévention du suicide se déroulait du 29 janvier au 4 février dernier. Le comité organisateur revient sur la mission de cet événement annuel, combattant un fléau devenu très important.

Selon le directeur général de l’Association québécoise de prévention du suicide (AQPS), Jérôme Gaudreault, le suicide semble s’être immiscé dans la société québécoise comme une sorte de « solution finale » face à la souffrance. Pour lui, il y a plusieurs raisons à l’apparition d’un tel mode de pensée. « Dans les années 1970, il y a eu une individualisation de la société et une diminution de l’esprit communautaire. Ça a fait sauter une barrière qui s’élevait contre le suicide », explique ce dernier.

Et la situation est allée de mal en pis. Durant les années 1980 et 1990, le taux de suicide au Québec figurait parmi les plus élevés dans le monde. C’est dans ce climat que sont apparus l’AQPS et plusieurs centres de prévention du suicide.

La réaction du gouvernement ne se fait plus attendre. « En 1998 le gouvernement décide enfin de réagir et la prévention du suicide devient une priorité », narre M. Gaudreault. On assiste alors à un investissement financier et scientifique en faveur de la lutte et de la prévention du suicide.

À la lumière d’une telle réaction, les résultats se sont montrés prometteurs. « On a eu une baisse très forte du taux de suicide, poursuit-il. Ailleurs dans le monde, on regarde ce qui se fait au Québec pour s’en inspirer. »

Lutter contre le suicide au Québec

« Le suicide peut être éradiqué d’une société, affirme haut et fort M. Gaudreault. Il y a des sociétés dans le monde où le suicide n’existe pas d’ailleurs. S’il y a bien un peuple qui a connu des catastrophes et la souffrance, c’est bien le peuple d’Haïti. Et pourtant, le taux de suicide y est inexistant, il y en a très peu. »

Au Québec, selon lui, il y a de l’espoir et le progrès continue. « Depuis quatre ou cinq ans ici, le taux de suicide chez les jeunes hommes est en chute libre », se réjouit-il.

C’est pourquoi le directeur invite tous les Québécois à signer la déclaration pour la prévention du suicide, qui rassemble déjà 47 000 citoyens, mais également à se préoccuper de leurs proches. « On a un devoir de solidarité », conclut-il.

Il est d’ailleurs possible pour n’importe quelle personne concernée de suivre des formations adéquates pour prévenir le suicide. « L’AQPS propose de former tous les acteurs concernés par la lutte contre le suicide, ça peut être des entreprises, des instances médicales ou des membres d’une communauté », détaille M. Gaudreault.