L’Association pour une solidarité syndicale étudiante ( ASSÉ ) lance un ultimatum au ministre de l’Enseignement supérieur, Pierre Duchesne. Sans le respect de trois conditions, elle boycottera le Sommet sur l’enseignement supérieur.  

Sonia Larochelle

Lors d’un congrès en fin de semaine dernière au Saguenay-Lac-Saint-Jean, les délégués réunis au Cégep de St-Félicien se sont prononcés sur la question de la participation de l’ASSÉ au Sommet sur l’enseignement supérieur qui aura lieu les 25 et 26 février prochains. À l’occasion d’une conférence de presse tenue lundi, le porte-parole de l’ASSÉ, Jérémie Bédard-Wien, a annoncé que les membres allaient « tendre une perche au gouvernement » en participant au Sommet.

L’ASSÉ exige cependant une déclaration du ministre de l’Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, assurant que « la gratuité scolaire est une mesure envisageable » qui pourra être discutée lors de
la rencontre.

Une seconde condition posée par l’association requiert du gouvernement qu’il mette sur table des options qui ne soient pas exclusivement des hausses de frais de scolarité comme c’est actuellement le cas avec les divers scénarios
d’indexation.

Le regroupement demande enfin que les « mécanismes d’assurance-qualité ne soient pas reconnus au Conseil des universités ». En d’autres mots, l’ASSÉ refuse l’implantation d’indices de performance des universités qui pourraient, selon elle, encourager les établissements à se concentrer davantage sur des programmes de formation particulièrement rentables, au détriment des autres.

Impossible d’obtenir une réplique au cabinet du ministre Duchesne lundi. Rappelons toutefois que la première ministre, Pauline Marois, devant la menace de l’ASSÉ de boycotter le sommet, avait déclaré plus tôt en janvier que l’ASSÉ « faisait partie de
la solution ».

M. Bédard-Wien affirme que ces « attentes ne sont pas déraisonnables » dans le cadre d’un Sommet qui doit « laisser place au débat ». Selon le porte-parole, une réceptivité de la part du gouvernement fera « la différence entre un débat ouvert et un exercice de
relations publiques ».

Regroupant près de 70 000 membres dans 30 associations, dont une demi-douzaine à l’Université Laval, l’association affirme à propos de la rencontre des 25 et 26 février prochains qu’il y aura une « perte de légitimité si l’ASSÉ n’y est pas ».

Une invitation a par ailleurs été lancée à l’ensemble de la population en vue d’une manifestation nationale qui se tiendra le 26 février en marge du Sommet, rebaptisé « Sommet de l’indexation », sur le site Internet de l’ASSÉ. Cette mobilisation a pour objectif de « défendre les acquis de la grève ».