Radioactif, la première édition de la Journée d’étude sur la radiophonie québécoise, s’est tenue le 28 novembre dernier à l’Université Laval. Chercheurs et artisans du milieu ont échangé et débattu sur l’histoire de la radio, mais aussi sur son futur.

Cette journée a permis d’aborder de nombreux thèmes reliés à la radiophonie. Les échanges autour du médium radiophonique étaient privilégiés davantage que les moments d’écoute et les conférences. Pour Marie-Laurence Rancourt, coordinatrice de l’évènement et étudiante en sociologie à l’Université Laval, Radioactif se voulait un espace de débat citoyen : « C’est aussi ce que j’ai voulu faire avec cet évènement : ouvrir un espace citoyen propice à la rencontre, aux échanges, pour qu’ensemble, nous choisissions nos orientations. Pour moi, il s’agissait d’une première étape dans l’édification d’un projet de société qui a débuté avec la tenue de cet évènement qui nous a permis de nous rassembler autour d’un objet : la radio ».

Selon elle, le moment était plus que propice à la tenue de cet évènement. « Le contenu comme le contenant radiophonique nous apparaissent aujourd’hui figés, laissant peu de place à l’audace et à la créativité, car le temps et l’argent semblent faire défaut, estime l’organisatrice. Réfléchir à la radio et à ses enjeux devenait absolument essentiel, capital, afin de prêter une vision et des orientations à un média qui a une si grande importance sur l’opinion publique et qui est une figure majeure de l’espace public. »

L’intervention de Simon Tremblay-Pepin, chercheur à l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) a permis au public et panélistes d’amorcer leur réflexion sur le futur de la radio et sur la pertinence d’une radio publique. À cet égard, Mme Ginette Viens, réalisatrice coordonnatrice à la radio de Radio-Canada, constate que 30 % des budgets de l’institution sont coupés et qu’en dépit de la pression, le radiodiffuseur public doit prouver qu’il doit continuer à exister.

L’avenir de la radio peut, pour certains, ressembler à une mort lente, mais pour d’autres, dont Tanya Beaumont, directrice de la programmation à la radio communautaire CKRL, le futur du médium reste garanti : « L’âge d’or de la radio, c’est maintenant. La radio est encore pertinente, c’est le modèle qui change ».

Même son de cloche pour Marie-Laurence Rancourt. Celle-ci soutient que la survie de la radio est assurée, mais « qu’il va falloir décider de la forme qu’elle va prendre dans le futur de même que les rôles et les fonctions sociales auxquelles nous souhaitons qu’elle réponde. »

L’étudiante à la maîtrise en sociologie ajoute que l’âge d’or du médium est bel et bien commencé en Europe francophone, mais que de notre côté de l’Atlantique, c’est loin d’être le cas, car « la pratique radiophonique artistique est pratiquement inexistante, du moins, elle n’est pas soutenue ».