La filiale québécoise du NPD a bien l’intention de rejoindre une proportion significative d’électeurs d’ici le scrutin du 1er octobre prochain. Leur nouveau chef, Raphaël Fortin, croit que la grande proportion d’indécis au sein de l’électorat offre une possibilité de faire des gains prochainement.

Élu à la tête de son parti le 21 janvier dernier, le jeune chef du NPDQ est confiant que d’offrir une plateforme progressiste, sans parler de la question nationaliste, pourra rallier plusieurs électeurs indécis.

Le nouveau chef juge que beaucoup de Québécois ont des idées sociales-démocrates et progressistes, mais qu’étant donné qu’ils ne partagent pas l’idée d’indépendance du Québec, défendue par le Parti québécois et Québec Solidaire, cela leur donne peu d’options politiques valables.

« Les gens, qui ne veulent pas faire de référendums, n’ont pas vraiment d’autres options que le parti libéral. Les Québécois veulent savoir ce qui va leur arriver, en éducation, en économie, c’est surtout le cas chez les jeunes », a déclaré le chef du NPDQ.

Bien que sur l’échiquier politique, le NPDQ semble représenter l’alternative fédéraliste de Québec solidaire, le chef de 37 ans, croit plutôt que son parti est une alternative aux Libéraux et à leur façon de gérer le Québec depuis 15 ans.

Des gros défis en prévision

Au moment d’être élu chef de son parti, Raphaël Fortin était fébrile face au mandat qui l’attendait, même s’il est parfaitement conscient que ce poste vient avec des défis importants à relever.

À huit mois des élections, la jeune formation politique aura fort à faire pour se faire connaitre de l’électorat, et ainsi faire sa place parmi les autres formations politiques.

« Nous devons constituer notre exécutif de campagne, parmi certaines personnes qui sont déjà en place. Je veux qu’on soit professionnel dès maintenant dans la manière de communiquer avec nos membres, avec les médias et la population, donc on s’enligne dans une stratégie communicationnelle beaucoup plus dynamique et voyante. Il nous faudra aussi recruter des candidatures fortes, ainsi qu’augmenter nos appuis financiers », a affirmé le chef du NPDQ.

Questionné à savoir s’il allait faire appel aux ressources du NPD fédéral, M. Fortin s’est montré ouvert à l’idée sans pour autant affirmer qu’il demandera directement le support des troupes de Jagmeet Singh.

« Je veux travailler avec tous ceux qui veulent faire avancer le NPD Québec, qu’il ait travaillé ou pas avec le NPD Canada, » a-t-il ajouté.

Les jeunes au cœur du programme

Étant un jeune chef de parti, Raphaël Fortin juge qu’il est essentiel que les jeunes aient une place importante au sein de l’organisation du NPD Québec. Il a d’ailleurs mentionné que bien des membres de son équipe sont âgés de 25 ans et moins.

Par ailleurs, il prétend que son jeune âge fait de lui une option idéale pour faire les ponts entre les propositions et préoccupations des jeunes électeurs, ainsi que les plus âgés.

« J’ai 37 ans, donc je ne suis pas loin de la jeunesse actuelle, je comprends leurs préoccupations. Je suis une bonne transition entre les générations. Je suis capable de connecter les jeunes, après tout, il n’y a pas si longtemps, c’était moi qui était sur un campus universitaire. »

Raphaël Fortin n’a pas voulu confirmer les activités militantes que son parti compte organiser sur les campus. Il a mentionné que ce genre d’informations sera discuté au courant du prochain congrès du NPD Québec qui se tiendra le 28 avril prochain.

La montée de la CAQ : À prendre avec des pincettes

Bien que selon le dernier sondage Léger, la CAQ obtienne 39% des intentions de vote, le chef du NPDQ indique que cette montée ne nuira pas à son parti.

« Je pense que l’engouement pour la CAQ vient surtout du fait que les gens sont tannés des libéraux, mais ils ne savent pas pour qui d’autre voter. Pourtant les deux offrent sensiblement la même chose politiquement, sauf qu’un a plus d’historiques politiques », explique-t-il.

Fortin croit que son parti peut offrir une place de choix, pour les électeurs sans affiliation politique. « Il y a 35% d’indécis, moi-même j’ai été un de ces orphelins politiques et je me suis trouvé une famille. Je pense qu’il faut que les gens sentent que les politiciens sont à leur écoute », ajoute-t-il