Pour la première fois de son histoire, le rendez-vous annuel des amateurs de vélo CycleHack s’est tenu sur le campus de l’Université Laval du 15 au 17 septembre dernier. L’événement regroupe annuellement des amateurs de vélo à travers 26 pays, durant 48 heures. La mission : élaborer des solutions aux difficultés que rencontrent les cyclistes lors de leurs déplacements quotidiens.

D’abord lancé en Écosse il y a quelques années, l’événement réunit aujourd’hui des cyclistes de partout pour élaborer, concevoir et construire des solutions durables à des problématiques liées au transport durable, propres à chaque ville.

L’objectif est de « rendre les milieux urbains propices à l’utilisation du vélo, durant toute l’année ». Depuis 2014, l’organisation regroupe des villes des quatre coins du monde à ce rendez-vous annuel.

Pour la première édition, Anne Larcher, passionnée de cyclisme, est le visage derrière l’organisation CycleHack Québec. L’étudiante à la Maitrise en théâtre à l’Université Laval estime que ce genre d’activité peut réellement apporter « des solutions réalisables et concrètes » pour la communauté cycliste de Québec et de l’Université Laval.

Que faire avec les vélos ?

L’un des groupes de discussion s’est penché, dimanche dernier, sur un enjeu rencontré régulièrement sur le campus de l’Université qu’est le stationnement pour les vélos, toutes saisons confondues. Une problématique encore plus préoccupante en hiver, selon les participants réunis sur place.

La solution se trouve dans « l’utilisation d’espaces libres dans les stationnements souterrains du campus », envisage-t-elle. D’après des photos prises dans les souterrains du PEPS, plusieurs espaces demeurent effectivement non utilisés et pourraient devenir des endroits « sécuritaires » pour les vélos. Le rangement vertical constituerait aussi une option envisageable, selon l’équipe de participants.

Il y a là une vision qui devrait être partagée avec l’administration de l’Université, estime Caroline Sigouin, membre et secrétaire exécutive de la Coop Roue-Libre. Une idée très réalisable, selon elle, qui « favoriserait le déplacement à vélo sur le campus », une des missions de la Coop, partenaire majeure dans l’organisation du CycleHack.

Enjeu municipal

Selon des participants du CycleHack Québec, le cyclisme ne fait actuellement pas, ou peu, partie des enjeux municipaux de la prochaine campagne électorale, à Québec, qui s’amorcera sous peu dans la capitale, l’élection se tenant le 5 novembre prochain.

La principale problématique à considérer ? Le manque de sécurité dans les infrastructures de la ville, dit Anne Larcher. « La ville de Québec devrait être pensée plus rationnellement, de manière à ce que des enfants de six ans puissent faire du vélo de manière sécuritaire eux aussi », explique-t-elle, soulignant que plusieurs pistes demeurent dangereuses actuellement.

Le groupe de participants ayant étudié le sujet croit que la communauté cycliste de Québec doit être « dépersonnalisée ». « Il faut montrer que les familles sont elles aussi des cyclistes et ont des préoccupations », explique l’un des panélistes. Le comité tentera d’ailleurs prochainement d’organiser une promenade à vélo dans le secteur Limoilou afin d’y conscientiser la population à l’enjeu du partage de la route. « On va faire notre possible pour que l’événement se réalise et qu’il ait un impact », indique l’organisatrice.

Anne Larcher ajoute que les élus municipaux devront se pencher sur la question du vélo hivernal. « C’est de plus en plus populaire, et les gens se rendent compte que ce n’est pas si difficile que ça, que c’est même bénéfique », soutient-elle.

Selon l’organisatrice de CycleHack Québec, les automobilistes réagissent plutôt mal à des publicités de sensibilisation incitant à partager la route avec les vélos, surtout en hiver. Une situation qui pourrait être rapidement réglée si toutes les voies cyclables de la municipalité étaient déneigées quotidiennement, selon elle.

Soirée Vélo-Voyage

Le 25 septembre se tiendra la présentation du voyage à vélo de Catherine Desautels. La cycliste expérimentée aura le plaisir de raconter son aventure à travers l’Europe, la Turquie et l’Asie à vélo. Au total, Catherine s’est déplacée seule durant sept mois avec son vélo chargé d’équipements.

La jeune femme partagera sa technique de voyage en liberté complète et répondra aux questions des étudiants intéressés sur place. Notons qu’elle n’utilise aucun GPS, ni de téléphone cellulaire ou autre organisation technologique sur ses destinations.

L’événement, organisé par la Coop Roue-Libre, se déroulera au café Le Fou AELIÉS du pavillon Alphonse-Desjardins de l’Université Laval, à partir de 19h30.