En 2030, il faudrait seulement 7 % plus de production pour faire rouler 70 % du réseau de transport(tout le bassin de véhicules et autres moyens de transport) à l’électricité, de plus d’électricité. Ce qui est impossible à négliger, selon Pierre Langlois, consultant en transport durable.

Solutions concrètes

L’auteur de l’étude Propositions pour engager le Québec sur la voie de la mobilité, a présenté lors d’une conférence, différents moyens et mises en place pour contribuer à cette nouvelle mobilité. Il a parlé, par exemple, de l’Hybride branchable, encore à l’étude à l’Université Laval. « Elle consommerait 10 à 15 fois moins de carburant, et ferait 80 % de son kilométrage seulement à l’électricité. »

Concernant les transports en commun, le projet de Super batterie est en cours. Il s’agirait d’un spécimen qui se rechargerait 100 000 fois, et plusieurs fois par jour. La recharge durerait quelques minutes et un autobus électrique pourrait se recharger aux stations à tous les quelques kilomètres, à certains endroits définis. Le paysage urbain serait épargné.

Pour les transports collectifs interurbains, le TGV a été écarté, car le but n’est pas d’isoler les régions périphériques ni les moyens centres du Québec. « Le Québec a une densité trop faible et avec l’hiver, les conditions ne sont pas les meilleures », a-t-il précisé. M. Langlois met de l’avant le projet de Pierre Couture: un monorail. Composé d’une cabine autonome suspendue par une roue. Plusieurs départs par jour seraient prévus. «Elle atteint sa vitesse maximale en moins de 30 secondes, soit environ 250 km/h. Elle pourrait faire plusieurs haltes dans différentes villes.» N’oublions pas que ce projet coûterait deux à trois fois moins cher qu’unTGV.

Urgence

Yves Lavoie, président du Réseau des ingénieurs du Québec, a insisté sur deux axes. Tout d’abord, selon lui, il est important d’installer des conditions favorables aux changements nécessaires. « Il faut prioriser l’aménagement des villes, maximiser la pénétration des nouveaux véhicules et favoriser aussi des façons alternatives de se déplacer, comme le vélo ou le covoiturage. » Ensuite, il avance l’importance de soutenir l’industrie québécoise. « À défaut de fabriquer les véhicules, il faudrait mettre en avant la fabrication des pièces. Les entreprises doivent être sensibilisées à l’énergie verte. »
   
L’ère du pétrole à bon marché est révolue. Aujourd’hui, il faut assurer un développement pour trouver des quantités de plus en plus importantes. De plus, 80 % des gaz à effets de serre sont liés à la combustion des énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz).

D’ici 2050, la demande mondiale en énergie triplera si les pays en développement consomment autant que les pays développés en ce moment. Selon Hugo Séguin, conseiller chez Équiterre, « on va dans une zone de chocs énergétiques. Au Québec, en énergie, la consommation est de l’ordre de 38,2 % pour pétrole et 41 % pour l’électricité. Le pétrole, c’est 70 % pour le transport au Québec, et c’est le premier produit d’importation dans la province. »

Crédit photo : Claudy Rivard.