« Il y aura négociation », c’est le message qui ressort des pourparlers entre le syndicat des employés de l’Université Laval et l’Université. Vendredi, à la sortie de la première ronde de pourparlers depuis le début du conflit de travail entre le syndicat et le patronat, le porte-parole Luc Brouillette se disait « soulagé » que les pourparlers débutent enfin. « Le point principal de notre campagne de moyens de pression, c’était qu’il y ait négociation », affirme le principal intéressé.

Des moyens de pression qui ont fait jaser
Comme mentionné il y a deux semaines dans un article sur le même sujet, les moyens de pression du syndicat ont beaucoup fait réagir dans la communauté universitaire. Outre les mises en demeure d’associations anti-syndicales, les articles de journalistes sur le campus et les plaintes des étudiants, le syndicat se défend de vouloir mettre en danger la session d’automne. « Nos pauses dynamiques respectent les recommandations de santé Canada, qui recommande 30 minutes d’exercice par jour, nous incitons nos membres à faire de l’exercice durant leurs pauses, nous les incitons à prendre leurs pauses au complet, puisque nous sommes très occupés et que notre membership est fatigué. »

Des revendications « raisonnables »
Bien que les négociations ne soient pas encore démarrées, le SEUL prédit déjà des négociations qui ne seront pas controversées. « Les positions de l’université et les nôtres ne divergent pas tellement », explique le porte-parole syndical. «Tout ce que le syndicat désire, c’est la reconnaissance des acquis de nos employés, ce qui devrait normalement se faire à coût nul, tout comme la création d’une convention d’organisation du travail, qui est nécessaire à la bonne gestion des forces de nos membres ». Si ces enjeux ne sont certes pas des points qui achopperont en négociations, le SEUL prévoit tout de même certaines tensions en négociations. « Notre organisation demande un changement au niveau de la croissance des salaires. L’université propose 4 points de pourcentage en bas du taux de croissance de l’IPC, nous demandons que notre salaire suive le taux d’augmentation du coût de la vie.»

La session d’hiver en péril?
Questionné sur la crédibilité des rumeurs de perturbation, voire d’annulation de la session d’hiver 2014, le porte-parole mentionne d’abord et avant tout la motivation de ses troupes à tenir la ligne dure face au précédent refus de l’université de négocier. « Les déclarations d’annulation de la session 2014 ne font pas partie de nos moyens de pression, mais elles constituent plutôt une réaction à des rumeurs de lock-out de la part de l’université, situation qui mettrait nos membres à la porte sans salaire et qui constituerait une attaque contre nos membres et notre syndicat. Cependant, nous n’avons pas envisagé de grèves et l’ouverture récente de l’université à négocier de bonne foi nous incite nous aussi à cesser nos moyens de pression et nous aussi à négocier de bonne foi». C’est donc maintenant le temps des négociations pour le syndicat et l’université ainsi que la fin des moyens pressions. Pour ce qui est de la suite des choses, le porte-parole a voulu se faire rassurant auprès de la population étudiante : « Vous pouvez être assurés du service et de la qualité de vos accommodations par le personnel de soutien, peu importe ce qui va arriver dans les prochaines semaines ».

Un thème récurrent s’invite dans le débat
Comme la chute des feuilles en automne, le débat du déficit des fonds de retraite a inévitablement fait irruption dans la conversation. Puisque cela semble aussi une tendance assez forte, le SEUL souhaite aussi régler la crise. « Nous croyons que le déficit est un enjeu, et nous sommes conscients que nous devrons travailler avec l’Université pour le régler. Cependant, la condition la plus importante du règlement de la crise est que la solution ne doit pas se trouver chez les plus jeunes. Nous avons déjà le taux de croissance de personnel le plus faible de l’Université face à la croissance du nombre d’étudiants, nous refusons que la solution pour nos retraites soit d’affecter les conditions de travail des plus jeunes et des futurs employés de notre syndicat. » De plus, le porte-parole explique avoir l’appui des autres syndicats et qu’un climat de collaboration régnait avec le syndicat des professionnels et celui des chargés de cours. Il reste maintenant à suivre les négociations et à voir la suite.