Fer de lance de la politique qui veut rajeunir son image, ou du moins récolter le vote de la relève, le virage écologique atteint des sommets jusqu’alors inégalés où certains tentent même d’effacer les traces de la présence humaine.

L’écoresponsabilité a transcendé la sphère du privé et a atteint le domaine public, où de plus en plus d’événements tendent vers un bilan carbone neutre. Ceux qui adhèrent à ce principe tentent de compenser d’une manière ou d’une autre pour les émissions de gaz à effet de serre résultant d’un événement donné. Diverses méthodes sont employées pour parvenir à un tel bilan. Le Réseau de veille en tourisme offre notamment sur son site un guide pour organiser des événements responsables. Du choix de la localité qui rend aisé l’emprunt des transports en commun ou encore l’usage du vélo, en passant par la gestion des déchets jusqu’à l’achat de crédits de carbone ou encore la plantation d’arbres, l’événement qui se veut « vert » requiert plusieurs niveaux de logistique.

Au cours des dernières années, les événements de la sorte se sont multipliés. Tel que relaté par le Réseau de veille en tourisme, en 1994, les avant-gardistes Danois s’étaient munis d’une politique environnementale très développée pour leur Festival de Roskilde. Revue maintes et maintes fois depuis, ladite politique environnementale s’est modifiée et raffinée. Le festivalier peut maintenant troquer des déchets contre une bière Trash for Beer ou encore participer à la campagne Less trash, more music, question de rendre plus tangibles les bienfaits de la récupération et de contribuer directement au succès du festival ! Plus près de notre contrée, à Ottawa, en juillet dernier, les organisateurs de la fête du Canada avaient fait la promotion du caractère vert des célébrations en affirmant viser le bilan « carboneutre » notamment par une réduction des émissions polluantes.

Le phénomène No trace, ou Sans trace, repousse les limites des pratiques environnementales. L’objectif est clair : effacer ses traces. Émergeant d’abord du plein-air, où l’éthique du respect de la nature prédomine sur le confort du villégiateur, le Sans trace gagne du terrain. L’organisme à but non-lucratif Sans trace Canada offre des formations et des ateliers de sensibilisation afin d’inciter de nouveaux membres à adhérer à leur philosophie. La méthode confit la tâche à l’aficionado de plein-air de récupérer ses déchets. Pour les puristes, tous les résidus de nourriture, l’urine et les selles doivent être récupérés et transportés durant le séjour pour en disposer en milieu urbain afin de maintenir intactes les régions sauvages et naturelles. Pour les modérés, la gestion adéquate des déchets, la conservation des lieux intacts suffisent. Un événement sans trace, est-ce possible ?