Depuis le samedi 7 septembre à minuit, la grève générale illimitée des quelque quarante cochers des Calèches de la Nouvelle-France est terminée. C’est Léonce Roy, l’arbitre dans les négociations concernant la nouvelle convention collective des cochers, qui a demandé à ce que la grève se termine pour favoriser un bon climat pendant l’arbitrage. Les syndiqués ont décidé d’obtempérer et les bruits de sabots résonnent à nouveau dans les rues de la ville.

Mikael Hébert

Pour mieux comprendre les raisons qui ont poussé les travailleurs à déclencher une grève générale illimitée, mais aussi au préalable à se syndiquer, nous avons rejoint Vincent Breton, un étudiant de l’Université Laval qui a travaillé comme cocher pendant 4 ans. Sans décrier ses conditions de travail ou son salaire, et soulignant au passage qu’il a aimé travailler comme cocher, M. Breton a tout de même pris le temps de nous informer de certains aspects négatifs de son ancien métier. Par exemple, il se rappelle bien des problèmes reliés à la température. Si un mois d’été est très pluvieux, c’est beaucoup d’argent qu’on perd parce que la clientèle n’est pas au rendez-vous. Il y a aussi l’hiver, une saison pendant laquelle les clients se font rares et où les cochers aimeraient avoir un endroit chauffé pour se reposer. M. Breton a aussi mentionné que les cochers se doivent d’être alertes en permanence : « C’est pas stressant, mais faut être aux aguets. Tu dois toujours être attentif ». Autre point intéressant, il a observé que les clients ne veulent souvent pas dépasser la « barrière psychologique du 100 $ » quand ils payent leur tour de calèche. Ce comportement fréquent a donc de l’impact sur les revenus des cochers puisque c’est la ville qui décide du coût et de la durée des tours, donc plus le client doit payer cher pour son tour de ville ( 90 $ actuellement ), moins le cocher a de pourboire. Enfin, M. Breton nous a fait remarquer qu’on exige des cochers qu’ils soient au fait du code de la route, qu’ils aient des connaissances en ce qui concerne les véhicules hippomobiles et qu’ils doivent passer un examen avant de débuter leur carrière.

Au cours d’un entretien téléphonique, Martin Daudelin, le conseiller syndical des Travailleurs Unis de l’Alimentation et du Commerce ( TUAC ) qui est en charge du dossier, s’est dit déçu que les syndiqués perdent l’impact économique qu’ils avaient avec la grève, car il s’agit de leur principal moyen de pression. M. Daudelin a aussi parlé de la première rencontre d’arbitrage qui a eu lieu vendredi dernier à 10 h, où l’arbitre a déterminé qu’il devra trancher sur certains points, car il sera impossible pour les syndiqués et la partie patronale de s’entendre rapidement à propos des salaires et des avantages sociaux. En effet, les cochers doivent actuellement se contenter du salaire minimum et n’ont pas de pause pour manger, deux sujets qui sont à la table des négociations. Aussi, la responsable québécoise des communications pour les TUAC, Roxane Larouche, a affirmé que « Le moral est bon » du côté des cochers et que ce sont d’ailleurs eux qui ont pris l’initiative de demander à être syndiqués en novembre dernier.

On saura dans les prochains mois quels sont les gains que les syndiqués obtiendront pendant l’arbitrage. La question du salaire et des pauses dîner sera étudiée. La partie patronale n’a pu être rejointe.