En réaction à la sortie publique du commissaire fédéral à l’environnement et au développement durable Scott Vaughan, dont le rapport annuel a fait savoir que le Canada n’atteindrait pas ses objectifs de réduction d’émissions des gaz à effet de serre (GES) d’ici 2020, André Bélisle s’est fait cinglant. « On a absolument tourné le dos à Kyoto et aux accords de réduction de GES », a-t-il déploré en entrevue vendredi dernier.

M. Bélisle accuse le gouvernement Harper d’être la marionnette des compagnies pétrolières, un argument souvent utilisé par les organisations environnementales et les partis de l’opposition. « Le gouvernent Harper a été mis en poste par les compagnies pétrolières, point », a-t-il déclaré catégoriquement. « Ils en sont en quelques sortes les porte-paroles », a-t-il ajouté.

300 des 755 postes du ministère menacés

Des compressions visant 300 postes sont prévues au ministère de l’Environnement. Le ministre Peter Kent a d’ailleurs réitéré la semaine dernière son intention de couper dans le budget en environnement, ce que déplore André Bélisle. « On est en train de vider Environnement Canada de ses ressources financières et humaines », s’est-il insurgé. Selon M. Bélisle, ces compressions ont des conséquences directes sur les prédictions faites par le commissaire Vaughan dans son rapport déposé en chambre mardi dernier. 

M. Kent estime quant à lui que les compressions permettraient à son ministère d’être plus efficace tout en contribuant aux efforts internationaux. La chef intérimaire de l’Opposition officielle Nycole Turmel s’est elle aussi montrée très critique envers les décisions des conservateurs. « Ça envoie le message que l’environnement n’est pas une priorité pour le gouvernement », a-t-elle déclaré la semaine dernière en réaction aux propos de Peter Kent.

D’autres rapports ont par ailleurs soulevé la colère des groupes environnementaux la semaine dernière, alors qu’une étude internationale publiée dans la revue Nature a démontré une forte dégradation de la couche d’ozone au-dessus de l’Arctique. Le Canada est notamment pointé du doigt, étant dans une position géographique privilégiée pour effectuer des recherches importantes sur cet enjeu climatique majeur.