Dans le cadre de la Journée mondiale de l’alimentation, c’est sous un soleil radieux qu’environ 130 citoyens se sont rassemblés samedi, à la Place d’Youville, afin de dénoncer les pratiques de la multinationale Monsanto.

L’évènement convivial organisé par les Amis de la Terre de Québec (ATQ) faisait partie d’une mobilisation ayant eu lieu dans plus de 400 villes dans le monde, visant à réclamer l’étiquetage obligatoire des organismes génétiquement modifiés dans l’alimentation ainsi que le principe de précaution. La marche s’est arrêtée devant le Parlement ainsi que devant les bureaux du MAPAQ.

Avec un chiffre d’affaires annuel de 13.5 milliards de dollars, Monsanto est en tête de l’industrie agroalimentaire mondiale et se spécialise dans l’innovation technologique, notamment en développant 90% des semences génétiquement modifiées disponibles sur le marché international et des systèmes agricoles intégrés.

Selon le Réseau Vigilance OGM, 62 pays ont adopté une réglementation nationale pour étiqueter les produits contenant des OGM.

Souveraineté alimentaire et brevetage du vivant

Monsanto brevette chacune de ses semences génétiquement modifiées, développées pour fonctionner avec un herbicide appelé Roundup Ready. Les agriculteurs qui achètent les semences génétiquement modifiées signent une entente leur interdisant de ressemer les graines l’année suivante. Ces pratiques sont légales, mais très controversées.

« Nous sommes opposés à la prise de contrôle du vivant par des intérêts privés », a expliqué Dominique Bernier, co-porte-parole de l’évènement et responsable du comité agriculture des ATQ. « Nous réclamons le droit à la liberté et la fin du monopole sur les semences qui se met en place, allant à l’encontre de la souveraineté alimentaire », a déclaré Julien Bechereau, co-porte-parole de l’évènement, devant une foule attentive en début d’après-midi.

Québec en faveur de l’étiquetage

Face à cette controverse, le gouvernement du Québec a créé un site Internet afin de tenir la population informée des différentes questions entourant les OGM.

Tous les partis politiques provinciaux, depuis le début des années 2000, se sont successivement prononcés en faveur de l’étiquetage des OGM. En 2007, un sondage Léger-Marketing, commandé par Greenpeace, révélait que 86% des Québécois sont en faveur de l’étiquetage obligatoire des OGM.

La principale raison évoquée par le PLQ et le PQ pour expliquer l’absence de réglementation est qu’il est préférable de s’arrimer avec Ottawa.

Monsanto soutient sur son site Internet qu’elle comprend l’inquiétude des manifestants, mais maintient qu’elle permet de réduire la faim dans le monde en développant des méthodes agricoles plus efficaces, utilisant moins d’eau et résistant mieux aux maladies.