Les vitrines de la rue Saint-Jean affichent rabais à travers ornements des Fêtes et laissent peu à peu poindre une Pyramide de Noël, objet décoratif traditionnel au milieu du Marché de Noël allemand de Québec.

Vendredi soir, presque décembre, le ciel s’est étoilé il y a quelques heures. L’air est glacial au centre-ville. En route vers l’Hôtel-de-Ville, l’Armée du Salut brandit cloches et grelots pour recueillir des dons. Un village de maisonnettes en bois s’étale autour d’elle, au pied de la Basilique Notre-Dame.

Les allées enneigées débordent d’objets artisanaux, horloges aux formes atypiques, laine d’alpaga, marrons chauds, saucisses allemandes et friandises bien de chez nous. Un marchand propose des produits à saveur locale. « J’ai failli pleurer tellement c’tait bon! » s’exclame une fille dans la vingtaine après avoir avalé d’un trait le mélange sirop d’érable, Grand Marnier.

Dégustations sont offertes pour 1 ou 2$. Un vignoble de Saint-Jean-Chrysostome offre du vin chaud. Traditionnellement européen, consommé de l’Angleterre à la Russie, explique l’homme du kiosque, ce breuvage commence à se faire connaître au Québec. Les vins médiévaux qui sont produits au Clos Lambert, sur la Rive Sud, sont épicés de façon à pouvoir être chauffés tels quels. « On peut aussi prendre n’importe quel vin blanc ou rouge et y ajouter des épices ou du miel ».

Les visiteurs se rassemblent sous la pyramide allemande pour siroter café et chocolat chaud, les doigts gelés et le cœur chaleureux. L’odeur de choucroute et de bretzel se mêle au sucre ambiant.

La foule est invitée à assister à un concert à contribution volontaire. La cathédrale Holy Trinity, retirée dans une cours sombre deux coins de rue plus loin, accueille l’Allemand Jens Korndörfer. Le virtuose prend place à l’orgue. Parmi une sélection de pièces classiques, résonnent les notes de la Toccate et Fugue en ré mineur sur les murs mi-solides mi-vieux du lieu sacré.

D’autres spectacles aux alentours du Marché, certains gratuits, sont proposés jusqu’au 8 décembre.

Le Marché de Noël allemand est de retour pour la 6e année à Québec. Les premiers Marchés sont apparus au XIVe siècle en Allemagne et se sont étendus à plusieurs villes du monde. Strasbourg, ville alsacienne, organise depuis 443 ans le plus célèbre Marché de Noël en France.

19h57, un homme propose une dernière fois aux passants de connaître l’origine de leur nom de famille. « Le vôtre provient de la région d’Aquitaine, en France » dit-il avec un léger accent étranger, en recherchant dans une base de données les plus vieilles armoiries qui y sont associées.

Les fenêtres des kiosques se ferment une à une pour clore le Marché jusqu’au lendemain.

C’était un vendredi noir comme d’autres, qui s’endormait au calme tempo des sabots.