Des nuits raccourcies, des tasses de café qui s’accumulent sur votre bureau, une vie sociale inexistante et des post-it qui vous rappellent d’étudier… ne cherchez pas, c’est la mi-session !

Mais ce stress de mi-session est-il normal ? Véronique Mimeault, coordinatrice du secteur apprentissage et réussite du Centre d’aide aux étudiants de l’Université Laval, se veut rassurante quant à nos questions existentielles relatives à ce rush d’études. La psychologue indique que le stress est un phénomène normal et adaptatif. « Le stress est ce qui nous aide avant tout, explique-t-elle. On a tendance à y accorder une connotation négative. Mais c’est avant tout ce qui nous permet de nous mobiliser, de nous mettre en action. »

Loin d’amoindrir nos facultés cognitives, le stress nous prépare à faire face aux exigences de la vie étudiante. « Si on n’avait pas du tout de stress à la mi-session, probablement qu’on n’aurait pas l’énergie et la mobilisation de nos ressources suffisantes pour se préparer aux examens ou débuter les travaux à remettre », commente Mme Mimeault.

Donc, en plus d’être un phénomène normal, le stress est même souhaitable à un certain niveau. « C’est sûr que le stress aiguise nos facultés, confirme la psychologue. Sous stress, on est souvent capable de réaliser des choses que sans ça on ne serait pas capable de réaliser. Par exemple, de dormir juste 4 h et de réussir à se concentrer pour un examen ».

Il n’y a cependant pas que du bon dans le stress. Le risque d’épuisement reste présent, surtout pendant les périodes d’examens universitaires. Véronique Mimeault avertit que « si on est trop longtemps dans une période de stress, où on ne mange pas, on ne dort pas, l’organisme peut s’épuiser ». Bien que le stress ne soit pas nocif pour la santé, il faut s’assurer d’avoir assez de temps de récupération par la suite.

Stress et anxiété

Il ne faut toutefois pas confondre le stress et l’anxiété, deux phénomènes proches, mais qui se concrétisent différemment. Selon la psychologue du Centre d’aide aux étudiants, l’anxiété manifeste la perception d’une menace. « À la base, c’est quelque chose qui nous permettait de discerner les menaces dans notre environnement, de voir où sont les dangers pour y faire face. C’est une réaction plus grande que le stress », expose-t-elle. L’anxiété est donc liée à une notion d’inconfort davantage néfaste que le stress.

Bien qu’elle ne soit pas toujours nuisible, l’anxiété peut atteindre différents seuils. Face à un danger, les individus mobilisent des ressources qui se manifestent différemment : soit on fige, soit on évite, soit on attaque.

Alors, pourquoi ressentons-nous parfois cette crainte à la mi-session ? Véronique Mimeault indique que la menace qui est ici perçue est l’échec, « parce que pour certains étudiants qui sont moins confiants ou qui ont des attentes très élevées concernant leurs performances, il va y avoir la peur de ne pas réussir ».

La procrastination en cause ?

Cette course folle de mi-session est-elle due à la fâcheuse tendance pour de nombreux étudiants à la procrastination ? Ce processus d’évitement qui pousse les individus à tout remettre au lendemain est un phénomène humain répandu, notamment lié à l’anxiété : là où il y a évitement, il y a anxiété, et inversement. Et, rassurez-vous, la procrastination n’est pas toujours synonyme de fainéantise : « Quand on procrastine, ce n’est pas que de la paresse. C’est rarement de la paresse même. Ça peut être lié à du perfectionnisme ou de l’anxiété. » La procrastination n’est donc pas un trait de caractère, mais bien un comportement.

Et non, les étudiants actuels ne procrastinent pas plus que leurs prédécesseurs. « Ça fait 16 ans que je suis psychologue ici, au Centre d’aide aux étudiants, et ça a toujours été un motif de consultation, raconte Véronique Mimeault. Par contre, ce sont les façons de procrastiner qui ont changé ». La psychologue met en cause les réseaux sociaux et autres distractions qui jaillissent constamment sur nos écrans. Selon elle, « ce qui est particulier de cette génération-ci, c’est qu’on a même pas besoin d’aller vers la procrastination, les distractions viennent vers nous. »

La procrastination se mesure à ses conséquences. « On reporte tous des tâches, mais si ça a des conséquences comme l’échec scolaire, là on va dire que la procrastination devient un problème », expose Mme Mimeault. Elle concède également qu’une mauvaise gestion de temps est une des principales causes d’échec à l’université. Un lien existe bel et bien : quelqu’un qui procrastine beaucoup va plus paniquer en période de mi-session.

Les stratégies pour affronter la mi-session

Même s’il n’existe pas de remède miracle pour passer au travers de sa mi-session dans le calme et la sérénité, Véronique Mimeault y va tout de même de ses conseils personnels. « À l’approche de la mi-session, avant de s’éparpiller, la première chose à faire c’est d’identifier les choses les plus importantes à faire et se faire un plan, idéalement par écrit », suggère-t-elle. Selon la psychologue, mieux vaut découper les choses à faire en plus petites étapes : « C’est plus encourageant ! » Ensuite, essayer de gérer ses distractions semble être un comportement de mise pour étudier efficacement. « Enfin, ne pas négliger ses besoins de base : manger, dormir et bouger. Ce sont les carburants du cerveau et c’est ce qui va nous permettre de résister au stress », conclut-elle.

 


En plus de ses activités de consultation individuelle, le Centre d’aide aux étudiants offre d’autres façons d’outiller les étudiantes et les étudiants de l’Université Laval, comme des ateliers de formation «Les clés de la réussite».

Le Centre d’aide propose également depuis septembre de nouveaux outils de formations interactives : «Les clés-Web»Ces outils permettent désormais de rendre disponible aux étudiants en tout temps de l’information et des stratégies pour les aider à atteindre leurs objectifs scolaires.

Voici les thèmes abordés :

  • Améliorez la gestion de votre temps
  • La procrastination: cessez de remettre à plus tard
  • Améliorez votre concentration
  • Comment tirer profit de vos séances de cours
  • Améliorez l’efficacité de vos lectures
  • Mémorisez plus efficacement
  • Réussir vos examens

Quatre trucs et astuces pour réussir sa mi-session

1- Bougez ! Une étude américaine parue en août 2014 conclue qu’une séance unique d’activité physique améliore la rétention d’information à court et à long terme chez des élèves de 6e année. Une bonne excuse pour aller jouer dehors entre deux blocs d’étude.

2- Buvez du café ! La caféine, et son proche parent la théine, bloquent les récepteurs à l’adénosine, un produit chimique qui s’accumule dans le cerveau et qui cause la somnolence et la sensation de fatigue. Santé Canada recommande de ne pas dépasser 300 mg par jour chez les femmes adultes et 400 mg par jour chez les hommes adultes.

3- Pratiquez la sieste ! La powernap effectuée lors du proverbial coup de barre de début d’après-midi vous aidera à retrouver votre productivité perdue. Si le temps vous le permet, offrez-vous un cycle complet de sommeil de 60 à 90 minutes. Vous traverserez ainsi tous les stades de sommeil et profiterez de tous ses bénéfices et avantages.

4- Faites une chose à la fois ! Même si vous pensez être un pro incontesté du multitâche, votre capacité à mener efficacement plusieurs actions à la fois est réduite, a mis en lumière une étude en 2013. Un conseil : éteignez votre ordinateur, cet univers où les invitations au multitâche abondent.

(M.B.)