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Le Pub Universitaire s’est joint, dimanche matin, à la campagne nationale « Commande un Angelot ». Celle-ci s’inscrit dans la même lignée que le mouvement américain Angel Shots, qui vise à prévenir les violences à caractère sexuel dans le milieu des bars étudiants et à protéger les victimes potentielles.

L’idée implique que les serveurs deviennent des agents de première ligne en pouvant réagir à la commande d’un Angelot, ce qui représente une demande d’assistance déguisée. En cas de besoin, des services d’intervention peuvent ensuite être déployés sur place et prendre le relais.

« C’est par ce genre d’initiative que nous pouvons, en tant qu’association, faire une réelle différence sur le climat et la sécurité sur notre campus, lance la présidente sortante de la CADEUL, Vanessa Parent. Nous travaillons avec la campagne Sans oui, c’est non! sur de nombreux projets. Commande un Angelot  s’ajoute à la liste, et il allait de soi que nous répondions rapidement à l’appel pour nous engager. »

D’ici peu, les employés de la succursale du pavillon Alphonse-Desjardins seront formés à un protocole spécifique en vue de l’application de cette nouvelle mesure de prévention. Le président du Pub Universitaire, Simon Rheault, espère d’ailleurs que cette décision causera un effet d’entraînement dans la région.

« Nous sommes très heureux d’être parmi les premiers à l’implanter, mais nous espérons que de nombreux établissements embarqueront et que Commande un Angelot deviendra une norme », affirme-t-il.

Mise en application

Concrètement, la personne craignant pour sa sécurité pourra commander l’Angelot de trois manières distinctes: sans glace, avec glace et avec lime. Chacune de ces formulations portera une signification unique.

« Sans glace » symbolise quelqu’un se sentant inconfortable avec une situation. Le protocole prévoit alors que les employés emmènent la personne dans un lieu sécuritaire en présence d’employés. Ils voient ensuite si elle souhaite en discuter et si elle désire demeurer dans l’établissement ou non.

« Avec glace » lance le signal de la volonté à quitter immédiatement, dans une situation d’insécurité flagrante. Le personnel responsable doit alors accompagner la personne vers un moyen de transport sécuritaire et s’assurer de son départ.

« Avec lime » représente enfin le cas de quelqu’un ayant été victime d’agression ou encore intoxiqué. Cela signifie que les corps policiers doivent immédiatement être contactés. La personne est isolée et accompagnée des employés-intervenants en attendant leur arrivée.

À tout moment, rappelle le vice-président de l’Alliance pour la santé étudiante au Québec (ASEQ), Patrice Allard, « la personne n’aura pas à justifier le pourquoi du comment elle commande un Angelot ».

Priorité aux autres bars universitaires

Les pubs et bars sur les campus seront directement visés par cette nouvelle mesure, poursuit M. Allard. « Là-dessus, il faut travailler en collaboration avec les associations étudiantes, qui sont responsables de ces établissements bien souvent », envisage-t-il, soulignant qu’il est probable qu’éventuellement, ces protocoles soient étendus à l’ensemble du Québec.

Le volet enseignement sera donc fondamental à la réussite du programme, selon la porte-parole de la campagne nationale de Sans oui, c’est non!, Pascale Poudrette. « Il faut trouver des façons d’être réalistes avec les propriétaires, pour les adapter à leur réalité, dit-elle. On va créer des guides et des outils aide-mémoire pour le personnel. On se chargera aussi des formations et de la mise en place d’une rétroaction pour s’ajuster en fonction des besoins. »

Parlant d’un changement de culture à opérer, Mme Poudrette et ses collègues souhaitent porter le message de leur campagne, celui de la prévention des violences à caractère sexuel, à l’extérieur des campus, « dans les lieux où les étudiants se réunissent et vont festoyer ».

C’est pourquoi tous les tenanciers-participants signeront une lettre d’engagement qui affirmera leur reconnaissance de la problématique et de la nécessité de la traiter selon un protocole spécifique.

Le gouvernement s’implique

Présente dimanche matin lors du lancement officiel, la ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, a précisé qu’il était devenu évident pour son gouvernement et elle qu’il fallait faire partie du mouvement de contestation national des violences à caractère sexuel.

« On vient d’ajouter une pierre extrêmement intéressante à un mouvement qui ne doit pas s’arrêter, lance Mme David. Ça doit être un mouvement social. De l’autre côté du bar, il doit y avoir une réponse immédiate pour assurer la sécurité des victimes, de l’entourage, des amis, des proches. Tout le monde est partie prenante. »

La politicienne parle ensuite de la volonté affirmée de toute la société à adhérer à la tolérance zéro sur ce sujet, comme elle l’a fait avec l’alcool au volant au cours des dernières années.

« Ce sont des outils que nous n’avions pas avant. Ce n’est plus une jeune fille prise toute seule à 19 ans. Maintenant, elle aura cette forme d’appui social », poursuit-elle, soulignant que nul ne peut rester passif devant ce fléau.

Elle ajoute que son gouvernement est de tout coeur et de « tout portefeuille » avec la cause. Mme David souhaite également travailler avec les organismes concernés pour bien faire la rentrée 2017 et les initiations y étant associées tout en accordant une attention particulière aux activités autour des équipes sportives.

Ce qu’ils ont dit

« Le but du mot n’est pas non plus qu’il demeure secret et confidentiel. On veut que les gens le connaissent, le sachent et l’utilisent le cas échéant en situation d’insécurité dans un bar. Tous les établissements participants afficheront dans les toilettes de femme un modèle réduit de nos visuels, sur comment commander Angelot et les différentes déclinaisons de la commande. La personne craignant pour sa sécurité va pouvoir aviser un membre personnel du bar qu’elle désire commander un Angelot. »

-Patrice Allard, vice-président de l’Alliance pour la santé étudiante au Québec (ASEQ).


« On est en marche et dans cette mouvance. C’est un pas dans la bonne direction vers cette culture de respect qui nous est si précieuse et pour lequel on travaille. Le rôle de Sans oui c’est non en est un d’expert-conseil, de valider le contenu et voir au développement de matériels, développer et donner les formations. Il existe déjà un comité formations et contenu, qui va pouvoir épauler le projet. »

-Pascale Poudrette, porte-parole de la campagne nationale de Sans oui, c’est non!


Il est plus que temps que le Québec se mette aussi en marche dans ces initiatives pour changer de culture. Les cinq journées de consultation que je fais à travers le Québec, c’est pour ça, c’est de dire que nous devons faire quelque chose immédiatement. »

-Hélène David, ministre de l’Enseignement supérieur du Québec.


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