Une publicité du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), parue dans le quotidien Le Soleil samedi dernier, invite les étudiants actuels et futurs de l’Université Laval à considérer l’option de s’inscrire à un autre établissement scolaire pour la prochaine session. Comme un conflit de travail est envisageable dès cet hiver, des risques seraient à prévoir.

« C’est seulement de donner un choix. C’est une question de transparence, a précisé le conseiller syndical Éric-Jan Zubrzycki en entrevue téléphonique. On se dirige vers un mur et on pense qu’il est important que les étudiants le sachent. »

Ce blocage entre l’Université Laval et le syndicat s’explique par des positions aux antipodes dans les négociations. Alors que le SCFP souhaite reconduire sa convention collective échue depuis le mois d’avril dernier, l’administration lavalloise souhaiterait en abolir les grands pans, selon M. Zubrzycki.

« On nous demande de pouvoir faire de la surveillance électronique sur le personnel ou encore d’avoir le dossier médical dès qu’il y a une absence, poursuit-il. C’est inacceptable et illégal comme demande. »

Les étudiants directement concernés

Deux rencontres de négociations sont déjà prévues les 25 novembre et 15 décembre. Si l’état des discussions demeure au statu quo, la communauté universitaire devra agir, indique le conseiller. « À l’heure actuelle, je crois que l’Université Laval ne veut pas de convention, mais ça ne passera pas évidemment. Malheureusement, les étudiants en feront peut-être les frais », s’indigne-t-il.

Regroupant techniciens, employés de soutien et cols bleus, le syndicat ne souhaite pas brimer l’expérience des étudiants, avec qui il travaille chaque jour, assure Éric-Jan Zubrzycki. « Ils ont plutôt un rôle à jouer pour s’assurer d’exercer leur voix. On doit avoir une négociation de bonne foi, et ils peuvent nous aider. »

L’équipe composée du recteur Denis Brière et du vice-recteur Éric Bauce serait littéralement déconnectée de la réalité de son campus selon le membre du SCFP. Dans ce contexte, il invite les étudiants à murir une certaine réflexion. « Il faut prendre une décision éclairée et peut-être attendre un peu avant de faire sa demande d’admission. Ce n’est pas de délaisser l’UL, mais plutôt de faire un choix libre. »

Entente encore possible

Malgré ces différends, certaines solutions seraient encore possibles à court-terme. « Il y a encore une chance à la négociation. Nous n’en sommes qu’au début de la période d’admission après tout », mentionne M. Zubrzycki.

L’administration ne devrait que changer son fusil d’épaule et favoriser une négociation constructive selon le leader syndical. Rejointe par Impact Campus, l’Université Laval n’a pas voulu réagir aux négociations en cours.

À l’issue de cette session, si une entente n’est pas posssible, il y aura deux possibilités d’après Éric-Jan Zubrzycki : soit l’UL déclarera un lock-out général de ses employés, soit le SCFP prendra des moyens de pression efficaces pour faire entendre ses points de vue.