Le ministre de l’Éducation supérieure, Pierre Duchesne, fait le « pari du dialogue. » S’il concède que le Sommet sur l’éducation ne « règlera pas tout », il a bon espoir de développer une vision commune de l’éducation au Québec. 

David Rémillard 

Les premières journées de rencontre pré-sommet sur l’Éducation supérieure tenues jeudi et vendredi derniers à l’Université Laval ont donné une dose d’optimisme au ministre de l’Éducation supérieure, Pierre Duchesne. « On a prouvé que sur une question qui était devenue très sensible au Québec [ l’éducation ], on pouvait dialoguer», a-t-il déclaré en entrevue à Impact Campus. « Le ton était à la conciliation. »

« La dernière fois qu’on a parlé d’éducation au Québec, il y avait des manifestations, des gaz lacrymogènes, des gens dans les rues, des policiers », a-t-il déploré, écorchant au passage ses adversaires libéraux. « On a ramené une tradition qui existe au Québec [ le dialogue ]. »

Discussions « viriles » 

« On ne règlera pas tout », admet toutefois le ministre, qui s’attend à certains moments à des discussions « serrées », voire « viriles ». Son objectif demeure de créer une «vision commune» de l’éducation supérieure au Québec.

Le sujet de l’accès à l’éducation, lequel inclut les droits de scolarité, point de friction entre le gouvernement et les étudiants au printemps dernier, pourrait créer des flammèches. Rien pour déranger le ministre à deux semaines des premières discussions sur le sujet à Trois-Rivières les 13 et 14 décembre prochains. « Dans deux semaines, je m’attends à ce qu’on puisse discuter d’accès [ à l’éducation ]. »

Questionné à savoir si des échanges musclés pouvaient éventuellement relancer le bal des manifestations ou causer le départ de certains mouvements étudiants des tables de discussion, le ministre a lancé un appel à l’unité. « Le but c’est d’avoir tous les intervenants autour de la table. On ne fonctionne pas dans une approche d’exclusion. Si des gens veulent quitter, ce sera de l’auto-exclusion, ce ne sera pas le gouvernement. »

Bienvenue à l’ASSÉ 

Hésitante au départ, l’Association pour une solidarité syndicale étudiante ( ASSÉ ) avait laissé entendre qu’elle pourrait ne pas participer aux discussions entourant le Sommet sur l’enseignement supérieur.

Sa présence aux rencontres jeudi et vendredi réjouit M. Duchesne. « Je vois ça de façon positive. Ça démontre que l’espace qu’on a créé, que ce soit pour l’ASSÉ ou la Chambre de commerce, est un espace de liberté, de respect, même si l’on défend des principes différents. »