Depuis 5 ans, une association de l’Université Laval, Pharmaide, amasse des fonds afin de soutenir Pharmaciens Sans Frontières dans leur mission en Haïti. Une aide financière unique au pays qui fait la différence sur le terrain.

Avec plus de 30 000 $ récoltés depuis sa création, la soirée-bénéfice Pharmaide apporte annuellement un soutien financier non négligeable à l’organisation humanitaire Pharmaciens Sans Frontières Canada, qui œuvre notamment en Haïti. « Nous voulons avoir une organisation qui aide Pharmaciens Sans Frontières de façon soutenue », indique Rita Joëlle Harraka, étudiante en doctorat en pharmacie et bénévole au sein de Pharmaide.

Plus d’une centaine d’étudiants en pharmacie de l’Université Laval s’impliquent chaque année dans Pharmaide. Une initiative unique selon Jessica Doxy, également étudiante en doctorat en pharmacie : « On est la seule université qui soutient monétairement Pharmaciens Sans Frontières Canada. » 100 % des dons vont d’ailleurs à l’organisation. « Eux nous ont dit cette année que Pharmaide était l’un des principaux organismes qui soutiennent leur mission en Haïti », relate Rita.

Tout a commencé en 2010, à la suite du tremblement de terre qui a secoué Haïti, faisant 230 000 morts, 300 000 blessés et 1,2 million de sans-abri. La première année, une simple « petite soirée » avait été organisée par l’association lavalloise afin de collecter des fonds. 1 500 $ avaient été récoltés. « Par la suite, le concept du défilé du mode est arrivé pour agrémenter la soirée-bénéfice annuelle », se souvient Rita.

L’impact sur le terrain

Grâce aux dons de l’association lavalloise, Pharmaciens Sans Frontières a pu développer ses missions humanitaires. « Il y a notamment un projet de formation pour les pharmaciens haïtiens. Il s’agit de leur montrer comment utiliser les bons médicaments, comment reconnaître ceux qui sont périmés, comment éviter le gaspillage, etc. Là-bas, les médicaments sont vraiment limités. Ils font également de l’enseignement à la population », affirme Rita.

Parmi les solutions trouvées par l’ONG, celle d’utiliser des pictogrammes a été expérimentée pour faciliter l’usage des médicaments : « Plus de la moitié de la population est analphabète, commente l’étudiante. Cela aide les gens à prendre leurs médicaments de manière sécuritaire. »

« Même si le tremblement de terre a eu lieu il y a 5 ans, les demandes pour les aider sont encore importantes, même si cela est moins médiatisé », poursuit-elle.

Un possible partenariat

Pharmaide aimerait dorénavant développer un partenariat entre l’Université et l’ONG. « Un des aspects qu’on essaie de travailler, c’est qu’il y ait des étudiants de la Faculté de Pharmacie qui puissent aller en Haïti pour voir l’impact du don qu’on fait. On essaie de travailler pour que cela entre dans le programme. C’est l’objectif des années à venir », déclare Jessica.

Cette étudiante d’origine haïtienne a pu constater que son implication auprès de Pharmaide a renforcé son attrait pour la coopération internationale : « Ça a été un déclic pour moi de voir qu’on peut avoir un impact ailleurs qu’au Québec. Pharmaide m’a donné encore plus envie de m’impliquer dans de tels projets. Par exemple, cet été je vais faire un stage de coopération internationale au Sénégal. Je veux voir comment on peut compléter nos connaissances avec les gens des autres pays. »

« Quand on s’unit, on pense avoir un bel impact auprès de la communauté internationale », conclut Rita.