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Fondée au 19e siècle, au même moment que l’Université Laval, la Faculté de théologie et des sciences religieuses a grandement évolué au cours des dernières années. Traditionnellement destinée aux métiers de l’Église, elle accueille aujourd’hui des étudiants de tous les domaines. Portrait d’une réalité bien distincte. 

Unique en son genre, la formation religieuse offerte sur le campus de l’UL figure parmi l’une des seules au Québec qui soit en progression. Les autres seraient plutôt dans des situations précaires. « Ici, on constate une augmentation des inscriptions, affirme le doyen, Gilles Routhier. Mais il n’y aura bientôt plus de théologie ailleurs, si on se fie au contexte actuel. » Ce genre de cursus est d’ailleurs déjà disparu de l’offre universitaire à Montréal, à Rimouski, à Sherbrooke et à Trois-Rivières.

En 2016, plusieurs étudiants aspirent toujours à devenir membres de la communauté ecclésiale du Québec, avec laquelle la faculté conserve des relations de proximité depuis des années. « Elle est heureuse d’avoir un groupe universitaire dont elle peut reconnaître l’autonomie et le travail, explique le responsable facultaire des études, François Nault. Elle nous soutient en refusant de s’immiscer dans nos programmes. »

Favorisant la mobilité étudiante depuis quelques années, le département offre aujourd’hui une panoplie d’opportunités, tant pour ses étudiants d’ici que d’ailleurs. « On a beaucoup de partenariats européens, africains et latinos, poursuit le doyen. À Québec, des chrétiens maronites, qui nous viennent de l’immigration, fréquentent aussi nos programmes. » Des cours de l’Université Laval sont également disponibles à Chicoutimi. 

La religion au cœur des débats

Même si l’entretien de la foi devient de moins en moins important au sein d’un État laïc comme le Québec, François Nault estime que ce genre d’enseignement aura toujours sa place à l’UL. « Je suis optimiste, car on voit bien que nos sociétés n’ont pas évacué complètement la question religieuse, indique-t-il. Au contraire, ça revient constamment dans l’actualité et ça fait encore partie de nous. »

La faculté serait donc liée à son milieu et à ses évolutions culturelles, démographiques et sociales. Sa position spécifique l’amène d’ailleurs à fluctuer dans le temps. « Dans les années 60, il n’y avait pas de femmes dans nos étudiants, ce qui n’est vraiment plus le cas aujourd’hui, illustre M. Routhier. Tant de changements sans lesquels on ne serait plus là. »

Ailleurs dans le monde, de graves conflits culturels sévissent, notamment au Moyen-Orient. Ces derniers auraient ouvert les admissions à d’autres horizons sur le campus de l’Université Laval. « Plusieurs étudiants sont venus à la suite des guerres au Liban par exemple, poursuit Gilles Routhier. Je pense aussi à la crise des Balkans, qui a apporté plusieurs orthodoxes au Québec. »

Un lieu pour bien penser la religion

De nos jours, les enjeux d’intégrisme, de fondamentalisme et de sectarisme, souvent associés à une forme de violence physique et psychologique, promeuvent un religieux qui « fait peur », selon François Nault. Celui-ci explique qu’il est justement impératif de conserver ces lieux de réflexion critiques et articulés de la théologie pour combattre cette vision péjorative. « Ça m’apparaît être essentiel pour prévenir le phénomène de la radicalisation et de la marginalisation. C’est un service social à rendre que de prévenir le retour du refoulé »,  lance-t-il.

Classée seconde au niveau des crédits exogènes – ces fameux cours hors-bac –, la Faculté de théologie et des sciences religieuses accueille une bonne proportion d’étudiants de programmes divers. « Ça ne se réduit pas à une boîte de cours ou à un endroit de recherche, assure le doyen. C’est un lieu de réflexion, de vitalité et d’échange, et je crois que nos colloques et midi-échanges témoignent de cette culture scientifique. »

Pour le futur, le responsable facultaire des études ne voit pas en quoi la société québécoise aurait intérêt à étouffer cette caractéristique religieuse importante de sa population. « D’ignorer le religieux, de penser que ça appartient à un âge résolu, ça ne prépare pas de bons lendemains, exprime-t-il. C’est même potentiellement dangereux, et j’ai bon espoir que l’utilité d’un lieu comme le nôtre ne sera pas remise en question. »

Témoigner de l’expérience étudiante

Par Alexis Bédard-Fiset

Sadiki Kyavumba et Pacifique Kambale sont deux étudiants au baccalauréat de théologie. Les deux hommes suivent le cheminement de « grade canonique » : ils se destinent ultimement à l’exercice de la prêtrise et de la foi religieuse. Avant leur arrivée à l’Université Laval, ces étudiants avaient déjà fait plusieurs années d’études postsecondaires.

Ils ont, entre autres, complété un baccalauréat en philosophie dans leur pays d’origine, la République démocratique du Congo. C’est à la suite d’une recommandation de la congrégation internationale à laquelle ils appartiennent qu’ils sont arrivés à Québec en 2015.

Parcours inclusif

Sadiki et Pacifique en sont à la deuxième année du parcours de la faculté. Le quotidien les amène à dialoguer avec d’autres étudiants de théologie, qui ne souhaitent pas nécessairement exercer un métier ecclésial. « Jusqu’à maintenant, on a seulement suivi un cours réservé aux étudiants du grade canonique », indique Sadiki.

Par ailleurs, la distinction entre les étudiants ne semble pas marquée. « C’est difficile de remarquer qui est destiné à la prêtrise », souligne Pacifique. Ce dernier affirme que, dans un groupe de vingt étudiants, environ six ou sept d’entre eux comptent se consacrer à l’Église, en moyenne.

Vie étudiante

Bien qu’il n’y ait pas d’initiations en début d’année, quelques activités ont lieu chaque semestre pour tisser des liens entre les étudiants, peu importe le profil d’études choisi. « Nous organisons parfois des soirées et des pot lucks », déclare le président de l’Association des étudiants en théologie et en sciences religieuses (AÉTSR), Marc-André Faucher. Celui-ci mentionne que, à l’instar de ce qui est observé dans d’autres départements, le taux de participation aux activités fluctue considérablement d’une cohorte à l’autre.

Sadiki et Pacifique assurent apprécier le caractère intime et plus restreint de leurs classes. « Dans un de mes cours, nous sommes seulement quatre », indique Pacifique. Ces petits groupes permettent selon lui une certaine convivialité et le développement de rapports étroits avec le corps professoral.

Le contexte multiculturel de leurs études semble plaire. Plusieurs sont originaires de pays étrangers tels que la Colombie, l’Indonésie, le Mexique ou encore le Pérou.

Particularités de l’enseignement

Les étudiants en théologie peuvent parfois être amenés à quitter le campus pour suivre leurs cours. Certains se tiennent au Centre de formation chrétienne Agapê de Québec, situé sur la 1re avenue dans le secteur Limoilou. D’autres, comme partout ailleurs, sont désormais offerts en ligne. Bien que Sadiki et Pacifique ne perçoivent pas cela comme un problème, un enseignement entièrement numérique ne serait pas souhaitable selon eux.

« Un degré de notre formation consiste à rencontrer les personnes. Cette dimension de la rencontre est importante », déclare Sadiki. « Le fait qu’un enseignement se passe en ligne ne brise pas nécessairement l’aspect communautaire de la démarche de notre formation, mais cela modifie quelque chose. Je ne vois pas une formation où chaque pasteur serait formé dans son coin », ajoute Pacifique.

Après le baccalauréat

Si Sadiki et Pacifique aspirent à se consacrer à la prêtrise, la profession ne leur sera toutefois pas accessible directement une fois leurs études au premier cycle terminées. « À la fin du baccalauréat, les finissants peuvent demander le diaconat [Ordre qui donne le pouvoir de prêcher et de baptiser] », informe Pacifique. Quant à leurs collègues de classe qui ne souhaitent pas exercer la prêtrise, ils peuvent, comme l’indique le président de l’AÉTSR, devenir agent de pastorale, aumônier dans les forces armées et même en milieu carcéral.

Les deux jeunes hommes sont clairs : ils aimeraient exercer la prêtrise au Québec. Or, cela dépendra de plusieurs facteurs, tels que la décision des responsables de leur congrégation. « On espère qu’on pourra passer à l’étape de l’ordre au Québec, mais peut-être que nos responsables jugeront qu’il y a des besoins ailleurs pour nous », dit Sadiki. « Tout le monde dépend d’une appartenance, que ce soit du diocèse ou d’une congrégation », de renchérir Pacifique.

Même s’ils quitteront possiblement la province un jour, Sadiki et Pacifique disent être heureux de poursuivre leurs études ici. Ils considèrent que le fait d’étudier au Québec leur permet de s’ouvrir à d’autres facettes et visions du domaine. « On peut trouver les mêmes matières en Europe et en Afrique, mais on sent qu’il y a des influences de la culture dans la formation. Si on nous demande d’exercer au Québec, on sera à l’aise », conclut Sadiki.


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