Rosalie Readman

Attention, mesdames et messieurs, dans un instant on va com- mencer… et tous les acteurs vont s’animer en même temps. Bon, plus que deux semaines avant le début de la session parle- mentaire pour les nouveaux (et anciens) élus tout juste sortis de la dernière élection. Je ne sais pas vous, mais moi, bien que ce ne soit pas encore vraiment commencé, à voir les «performances» de nos politiciens québécois j’ai déjà un arrière-goût d’audition de Loft Story. À observer les dernières semaines, on dirait vraiment que la thématique était «show time».

L’improvisation a été un terme très utilisé pour parler des pre- mières décisions du Parti québécois qui oui, par moments, ont pris certaines tournures acrobatiques. Le spectacle de son principal compétiteur, le Parti libéral du Québec, était quant à lui plutôt de nature théâtrale et vous me permettrez de faire une rapide critique de la représentation.

Vous connaissez la pièce le malade imaginaire? Oui, celle qu’on nous faisait souvent lire dans nos cours obligatoires de français du cégep… Et bien Jean-Marc Fournier semble se prendre pour le personnage principal et sa maladie serait l’angoisse fiscale. Sérieu- sement, n’avoir comme source d’information que le nouveau chef intérimaire du Parti libéral, je penserais sincèrement voir à la fron- tière du Québec des files de BMW qui sortent du pays…

Autre personne qui méritera probablement une nomination dans la catégorie actrice de soutien pour une série dramatique; la députée libérale de Trois-Rivières Danielle St-Amand. «Mme Marois met le chaos partout au Québec ! » s’indigne-t-elle en raison de la décision de fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2. Qu’on soit pour ou contre la fermeture, il faut être assez honnête pour se rendre compte que les 800 emplois ne disparaitront pas du jour au lende- main, mais bien dans environ cinquante ans; le temps du déclasse- ment de l’usine. Cinquante ans pour donner à la région une façon de substituer ses 800 emplois dont 200 auraient déjà trouvé rempla- cement en quelques semaines. Bref, l’expression «chaos partout », c’est ce qu’on dit pour parler du tremblement de terre en Haïti, mais certainement pas pour la situation qui vient d’être décrite.

Je comprends qu’on approche de l’Halloween, mais ce n’est pas une raison pour essayer de faire peur à la population. La tactique est tout simplement une attaque à l’intelligence des citoyens. D’ail- leurs, le palmarès des métiers les plus et moins populaires est sortie cette semaine. Les politiciens étaient encore dans les dernières po- sitions. Pas certaine que l’avant-première du spectacle de l’Assem- blée nationale qu’on vient de se faire servir par l’opposition offi- cielle libérale pourrait faire relever le score. En plus, à vouloir jouer les artistes, les députés risquent de se faire accuser par Christian Bégin de voleurs de jobs ou pire de se faire ramasser par l’agent 728.

Il y a des critiques sérieuses à faire sur la gouvernance du Parti québécois, mais choisir de jouer la « game » de l’exagé- ration n’aide pas les députés de l’opposition à faire leur tra- vail de façon efficace. Comprenez-moi bien, l’opposition a «une VRAIE job » à faire à l’Assemblée nationale. Critiquer mais de façon intelligente et pertinente. Si je veux aller voir du théâtre d’été, je vais me payer un billet moi-même… et la comparaison ici est un peu insultante, car ce qu’on voit en ce moment de la part du Parti libéral, c’est du très mauvais théâtre d’été.