Dans une lettre anonyme adressée aux propriétaires du bar Le D’Auteuil ainsi qu’à l’administration du Festival d’été de Québec et diffusée sur les médias sociaux par le Comité Femmes UL, des résidentes de Québec impliquées dans le milieu artistique dénoncent la tenue d’un spectacle du groupe controversé Black Taboo ce soir.

« La diffusion de tels messages sexistes est – aussi ironiques se veulent-ils selon les justifications des membres du groupe – inacceptable et irresponsable » peut-on lire dans la lettre rendue publique. (cliquez pour voir la publication)

Se disant consternées et préoccupées par le fait que le groupe trouve toujours sa place sur la scène musicale et culturelle de la ville de Québec, les autrices invitent à porter attention aux paroles de plusieurs chansons qui « s’ancrent dans la culture du viol et le non-respect du consentement, font l’apologie du proxénétisme et de la pédophilie, sexualisent et objectifient les communautés lesbiennes et sont tout simplement dégradantes pour les femmes».

« Nous croyons que la culture est intrinsèquement politique, et qu’il n’est plus possible de les dissocier, poursuivent-elles. Nous souhaitons une scène musicale riche et inclusive à Québec.»

TW : propos sexistes, dégradants, objectification des femmes, apologie des agressions à caractère sexuel.

Dans le cas où vous n’auriez jamais porté attention aux paroles de leurs chansons, sachez que c’est le contenu de celles-ci qui posent sérieusement problème. Les paroles suivantes :

• S’ancrent dans la culture du viol et le non-respect du consentement, notamment dans la chanson Godbless the Topless : « Moi quand j’entends arrête cé l’temps d’continuer », ainsi que dans la chanson Yaparienk Les Plottes : « D’l’orifice jusqu’aux seins oublie pas ta pilule/Si t’as prends pas l’lendemain pauvre tite fille j’t’encule »

• Font l’apologie du proxénétisme et de la pédophilie, comme dans la chanson Yaparienk Les Plottes : « Donne-moi ton argent j’te passe une de mes filles/Mais fais attention vas-y molo su’l’crosse totons/C’te kit de boules là ça m’a couté l’motton/Tu peux faire c’que tu veux tant qu’tu m’donnes le cash pour/Tu peux t’en caller deux pis les garder pour 4 jours/[…]/La crème des proxénètes dans l’418/Des écolières en jupettes prêtes pour une tite vite ».

• Sexualisent et objectifient les communautés lesbiennes, tel que dans la chanson Yaparienk Les plottes : « J’pas rienk hétéro, j’trippe itou sué lesbiennes/Double headed dildo, entre chattes sont plus chiennes/Y’a rien d’plus trippant que d’voir deux filles se manger ».

• Et sont tout simplement dégradantes pour les femmes : « Regardes-moi din yeux si tu veux pas n’avoir din ch’veux/[…]/Mes demoiselles de la salope a la pucelle », dans Une plotte C’t’une plotte.

(extrait de la publication sur FB)

Les autrices espèrent, dans l’immédiat, des excuses de la part des diffuseurs du spectacle. « Nous croyons qu’à la lumière de ces informations, des actions doivent être entreprises. Selon nous, l’annulation du spectacle serait idéale. »