Frais de scolarité

Pour protester contre la judiciarisation du débat sur la hausse des droits de scolarité, des étudiants en anthropologie tiendront une université populaire mardi à 15h, en même temps que le cours visé par l’injonction accordée à Laurent Proulx la semaine dernière.

David Rémillard

« Ce n’est pas contre Laurent Proulx », assurent d’entrée de jeu Nicolas Thibault et Marie-Pierre Renaud, étudiants respectivement au premier et deuxième cycle au département d’anthropologie, et membres de l’organisation de l’Université populaire générale illimitée. « C’est par rapport au dérapage du débat vers le juridique », soutiennent-ils.

La semaine dernière, un juge de la Cour supérieure a accordé une injonction à Laurent Proulx, qui demandait la levée des piquets de grève à l’Université Laval. Il a partiellement eu gain de cause, obtenant la fin du piquetage devant sa classe du pavillon Charles De-Koninck pour le cours anthropologie des conflits, des violences et de la paix.

Bien que cette injonction soit le point de départ de cette initiative étudiante, les organisateurs y voient une portée plus large. « Ce cours ce n’est qu’un exemple ponctuel dans le problème beaucoup plus global », explique Mme Renaud, candidate à la maîtrise en anthropologie.

L’injonction qui touche l’Université Laval n’était pas la première accordée au Québec. Quelques jours avant l’audience de Laurent Proulx, un autre juge ordonnait la levée des piquets de grève, cette fois au Collège d’Alma. Peu après, c’était au tour des autorités de l’UQAM d’intenter une procédure judiciaire contre les étudiants en grève, mais qui s’est dans ce cas-ci terminée par une entente à l’amiable.

C’est cette multiplication des procédures judiciaires que les étudiants en anthropologie dénoncent. « Ça ne devrait pas se régler devant un juge mais plutôt en société ».

Poursuite sans avertissement

Bien qu’ils assurent que cette initiative ne vise pas Laurent Proulx directement, Marie-Pierre Renaud et Nicolas Thibault lui reprochent de n’avoir jamais approché l’Association des étudiants et des étudiantes en anthropologie (AÉÉA) avant d’entamer sa poursuite. « Laurent n’a jamais essayé de nous rencontrer en exécutif. Il n’a jamais demandé de débat », déplore Mme Renaud.

Rappelons cependant que Laurent Proulx est étudiant libre et que, par le fait même, il n’est représenté par aucune association étudiante. Ce n’est pas une excuse selon Mme Renaud, qui ajoute que si M. Proulx avait engagé des discussions avec l’AÉÉA, « il y aurait peut-être eu des aménagements ».

L’Université populaire générale illimitée pourrait être reconduite la semaine prochaine, mais rien n’est confirmé pour le moment. Elle se tiendra à la cafétéria du pavillon Charles De-Koninck.

Crédit photo : Jean-Marie Villeneuve/Le Soleil